Impact du pharmacien clinicien dans un hôpital de jour dédié aux thérapies orales anticancéreuses
Sara BELHADJ1, Hadjira SMATI1, Laurence BISSEUX1, Fadwa EL KOUARI1
(1) Pharmacie, GHI Le Raincy Montfermeil, 10 RUE DU GENERAL LECLERC, 93370 MONTFERMEIL
Introduction : Les thérapies orales anticancéreuses (TOA) exposent à des toxicités et un risque d’interactions médicamenteuses (IM). Afin de sécuriser l’instauration de ces traitements, un parcours de consultation pluriprofessionnel (3 intervenants minimum) d’hôpital de jour (HDJ) a été mis en place en 2023. Le pharmacien hospitalier réalise un bilan médicamenteux optimisé (BMO) avec une analyse des IM en amont d’un entretien avec le patient. Les thématiques abordées sont le bon usage, les IM ou complémentaires et la gestion des effets indésirables. L’objectif de ce travail est de réaliser un état des lieux de l’activité pharmaceutique des HDJ TOA après 3 années de déploiement.
Matériel & méthode : Il s’agit d’une étude rétrospective incluant les patients ayant bénéficié d’un HDJ TOA entre février 2023 et 2026. Les molécules prescrites et la présence d’un accompagnant lors de la consultation ont été recensées. Concernant le BMO, les indicateurs suivants ont été analysés : nombre de lignes médicamenteuses, nombre et types d’interventions pharmaceutiques (IP), taux d’IP prises en compte par le prescripteur et temps pharmaceutique. La durée de l’entretien et le lien ville-hôpital (contact officinal en amont et en aval) ont été évalués.
Résultats & discussion : En 3 ans, 56 patients d’âge moyen 52 ± 14 ans ont été reçus pour le suivi de 23 TOA (34 indications en oncologie, 22 en hématologie). Vingt-quatre patients (43%) étaient accompagnés. Les BMO comptaient 6 ± 4 lignes avec en moyenne, 1 IP par patient. Les IP concernaient majoritairement des IM ou complémentaires mais également des recommandations concernant une surveillance, les prémédications ou l’accès au traitement. Le taux d’acceptation des IP est de 92%. Le temps pharmaceutique de préparation était de 62±36 min et de 52±14 min pour l’entretien. Un contact avec l’officine de ville a été réalisé dans 54% des cas avec adressage d’un compte rendu dans 70% des cas.
Conclusion : Le parcours d’HDJ TOA permet un accompagnement individualisé des patients où l’expertise du pharmacien est essentielle. Les IP réalisées révèlent la nécessité d’une analyse pharmaceutique préalable du BMO lors de l’instauration des TOA. Malgré le caractère chronophage, l’impact semble bénéfique. Le lien ville-hôpital doit être amélioré avec une implication plus proactive des pharmaciens hospitaliers. L’évaluation de l’observance des patients est également un enjeu majeur et sera prochainement mise en place au sein de ce parcours.
Mots-clefs : Interaction médicamenteuse, Entretien pharmaceutique, Bilan médicamenteux optimisé, Chimiothérapie orale, Lien ville-hôpital