Audit des pratiques du personnel soignant impliqué dans l’administration du médicament en EHPAD
william PERON1, caroline VERONET2, Marie Billault3, Jean BEUCHARD1
(1) Pharmacie, CH Côte de Lumière , 4 rue Jacques Monod, 85340 Les Sables-d´Olonne
(2) Cellule Qualité, CH Côte de Lumière , 4 rue Jacques Monod, 85340 Les Sables-d´Olonne
(3) EHPAD maisonnées de lumière, CH Côte de Lumière, 6 boulevard Laplace, 85100 Les Sables d´Olonne
Introduction : Suite à une cartographie du circuit médicamenteux des EHPAD de notre établissement via une enquête ANAP, il est pertinent de vérifier que les pratiques d’administration des médicaments par les soignants est conforme aux recommandations actuelles. L’objectif de ce travail est de réaliser un état des lieux des pratiques d’administration des médicaments des soignants au sein des EHPAD rattachées à notre établissement.
Matériel & méthode : Audit sous la forme d’un questionnaire diffusé aux soignants travaillant dans les 2 EHPADs associées à notre établissement. Les soignants visés sont les infirmiers diplômés d’état (IDE), les aides-soignants (AS), les faisant fonctions AS (FFAS) et les stagiaires. Le questionnaire a été élaboré à partir d’une cartographie initiale ANAP réalisée dans nos EHPADs. Les points clés sont les suivants : organisation de l’administration, l’écrasabilité des médicaments, les stupéfiants et les formes galéniques hors comprimés/gélules (formes buvables, patchs, collyres et crèmes et leurs attentes.
Résultats & discussion : Un total de 69 soignants, réparti entre 2 EHPADs rattachés à notre établissement, ont participé à l’audit. 13 IDE, 46 AS, 4 FFAS et 4 stagiaires sont dénombrés. Concernant l’organisation de l’administration, la distribution est réalisée par les IDE et les AS mais l’administration est majoritairement réalisée par les AS (n=66/69 soit 96%). En cas de non administration, les produits sont majoritairement laissés dans le pilulier et le motif est tracé dans un environ 1 cas sur 2 (n=32/69 soit 46.4%). Concernant l’écrasabilité, la décision est prise majoritairement par l’IDE seul (n=60/69 soit 87%) et elle n’est tracée que dans 1 cas sur 4. Si le médicament est broyé à l’avance, il n’est identifié que dans 17% des cas. Concernant les stupéfiants, ils sont mis dans le pilulier dans 17% des cas et dans 4% des cas, la dispensation est réalisée par l’AS. Pour les formes galéniques hors comprimés/gélules, les formes buvables sont préparées uniquement par les IDE mais l’administration est majoritairement faite par les AS (n=66/69 soir 96%). L’administration des collyres est en grande majorité par les IDE tandis que l’application des crèmes/pommade est gérée par les IDE et les AS. Quant aux patchs transdermiques hors stupéfiant, les IDE sont majoritairement responsable de sa gestion. Pour finir sur les attentes du personnel soignant, des formations sur la pharmacovigilance, la réglementation pharmaceutique et le bon usage du médicament sont demandées par les soignants et 1 session par an semblent nécessaires pour la majorité (n=43/69 soit 62%).
Conclusion : Ce travail montre un certain nombre de non-conformités au niveau de l’administration du médicament. Il est indispensable de mettre en place une habilitation nominative interne pour encadrer l’administration des médicaments par le personnel hors IDE. La mise en place d’un audit pratique sur le terrain est également une piste pour contribuer aux bonnes pratiques d’administration des médicaments en EHPAD.
Mots-clefs : Audit, Amélioration de la qualité, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse