Mise en place d’un atelier d’éducation thérapeutique lors de l’initiation d’un traitement médicamenteux de l’obésité (TMO) en HDJ d’endocrinologie
Mathilde PAULEAU1, Mallory MADELON1, Jérémy BARREAU1, Fanny MATHIAS1, Amna KADRI1, Florence PEYRON1
(1) Pharmacie, APHM Hôpital Nord, Chemin des Bourrély , 13015 Marseille
Introduction : Face à la prévalence croissante de l’obésité et l’arrivée des nouveaux TMO (analogues du GLP-1 et doubles agonistes GLP-1/GIP) administrés par voie sous cutanée, la gestion des effets indésirables (EI) est devenue un enjeu majeur d´observance. Ce travail présente la mise en place d’un atelier d’éducation thérapeutique TMO en HDJ d’endocrinologie et l’élaboration d’un guide à destination des patients destiné à résumer les informations essentielles de l’atelier.
Matériel & méthode : La conception de l’atelier a fait l’objet d’une réflexion pluri professionnelle (endocrinologue, pharmacien, IDE, diététicien, enseignant en activité physique adaptée) aboutissant à l’élaboration d’un support de présentation PPT commun en amont du 1er atelier. En parallèle, la pharmacie a élaboré un guide patient « mon compagnon de route » à l’aide du logiciel CANVA® résumant des données pharmaceutiques issues des RCP et recommandations des sociétés savantes et nutritionnelles. Les laboratoires pharmaceutiques ont été sollicités pour mettre à disposition des stylos tests « factices ». Le pharmacien a d´abord intégré ces ateliers en tant qu´observateur pour recenser les problématiques des patients, évaluer la pertinence du guide et préciser son intégration future.
Résultats & discussion : Le 1er atelier d’une durée de 2h s’est déroulé le 30/01/2026 et a réuni 9 patients. 4 parties ont été abordées : prise en charge médicale (présentation des TMO et du parcours de soins), diététique, en activité physique (présentation de quelques exercices rapides à faire au quotidien) et infirmière (modalités d’administration et gestion des EI). Le pharmacien a proposé des pistes d’amélioration concernant la gestion des EI en insistant sur l’encadrement de l’automédication, notamment pour traiter les nausées ou la constipation, afin d´éviter les interactions médicamenteuses avec les antiémétiques comme le métoclopramide ou les laxatifs. La question de la prescription systématique ou ciblée de l’acide ursodésoxycholique et de l´anticipation des ordonnances pour la gestion des EI a été soulevée. Une mise en garde spécifique a été émise concernant les modalités d’administration et particulièrement le recours à une « 5ème dose », pratique risquée en raison de l´imprécision du dosage et des risques de contamination microbiologique après 28 jours d´ouverture du stylo. Le guide « patients » élaboré nécessite quelques ajustements pour privilégier les notions essentielles : la nécessité d’une bonne adhésion thérapeutique et de poursuivre le TMO sur le long terme, la gestion des oublis, l’association indispensable à des mesures hygiénodiététiques, les modalités d’administration et les différences de matériel selon la molécule, les signes d´alertes pancréatiques ou vésiculaires et la nécessité d´une contraception efficace chez la femme en âge de procréer.
Conclusion : L’approche pluridisciplinaire en HDJ sécurise l’initiation de ces traitements. L´observation initiale de l’équipe pharmaceutique a permis d´adapter le support pédagogique aux risques réels de mésusage. Le succès de ce 1er atelier confirme l´intérêt de ce format et suggère d’impliquer le pharmacien dans les parties « présentation du traitement » ou « gestion des EI » pour les prochains ateliers.
Mots-clefs : Pharmacie clinique, Education thérapeutique, Parcours de soin, Entretien pharmaceutique, Erreurs médicamenteuses