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Pharmacotechnie
153 PT
Procédures dégradées en nutrition parentérale pédiatrique : retour d’expérience et analyse de robustesse du circuit

Yara Mayssa BENDIAB1, Nassima CHOUAOU1, Nassima MELLOUKI1, Manon PANTANELLA1, Séverine COULON1, Mélanie DUMAS1
(1) Pharmacie, Grand Hôpital de l´Est Francilien, 2-4 Cours de la Gondoire, 77600 Jossigny

Introduction : La PUI prépare des nutritions parentérales (NP) individualisées pour le service de réanimation néonatale situé sur un autre site. Le circuit repose sur plusieurs logiciels interfacés : prescription et validation pharmaceutique sur Logipren®, édition des fiches de fabrication (FF) sur BpPrep®, préparation des poches binaires sur l’automate Medimix®, et préparation manuelle des seringues de lipides. Une panne réseau de 24 heures a permis de tester nos procédures dégradées, élaborées dans le cadre d’une analyse de risque a priori. L’objectif était d’évaluer leur robustesse et d’identifier les axes d’amélioration.
Matériel & méthode : Un arbre décisionnel définit le mode dégradé selon le point de défaillance. En cas d’indisponibilité de BpPrep®, un tableur Excel sécurisé est utilisé. Celui-ci comporte : • calculs verrouillés, • double validation pharmaceutique, • édition des FF et des documents de contrôle, • archivage via ordonnancier manuel de fabrication (> 5 ans) et conservation du dossier de lot papier selon les procédures internes (1 an). La saisie dans l’automate fait l’objet d’un double contrôle par les préparateurs.
Résultats & discussion : Durant la panne (24 h), Logipren® restait accessible, BpPrep® était indisponible et Medimix® fonctionnait en mode autonome. Cinq poches et quatre seringues ont été produites pour cinq patients. Les prescriptions ont été transmises par fax, les mails étant indisponibles, puis ressaisies dans le tableur Excel, validées par deux pharmaciens, et enfin saisies manuellement dans l’automate avec double contrôle préparateur. Aucune erreur critique n’a été détectée. Seules de potentielles erreurs d’arrondi ont été identifiées, liées à l’impossibilité de prescrire en volume dans le tableur (prescription en apports uniquement). Un temps supplémentaire de traitement a été observé, sans impact sur l’horaire de livraison ni sur la continuité des soins.
Conclusion : Cet incident confirme l’opérationnalité de la procédure dégradée issue de l’analyse de risque initiale. Les points critiques identifiés concernent principalement la retranscription manuelle et l’ergonomie du tableur. Une révision du fichier Excel est engagée afin de permettre une prescription en volume. Une formation annuelle aux procédures dégradées ainsi qu’un test simulé annuel sont programmés. Le dispositif est intégré au Plan de Reprise d’Activité institutionnel, renforçant la résilience du circuit de nutrition parentérale. Par ailleurs, un travail sur l’utilisation d’une formule standard adaptée aux prématurés a été initié. Cette formule sera intégrée à l’automate de fabrication et utilisable de façon autonome afin de réduire le recours à la ressaisie des prescriptions, étape à haut risque malgré le double contrôle. Cette situation illustre l’importance d’une anticipation structurée des défaillances numériques dans les circuits pharmaceutiques critiques.
Mots-clefs : Nutrition parentérale, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Plan de gestion des risques
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