Automate de préparation de nutrition parentérale en néonatalogie : les petits volumes sont-ils vraiment un problème ?
Yara mayssa BENDIAB1, Manon PANTANELLA1, Nassima MELLOUKI1, Nassima CHOUAOU1, Séverine COULON1, Mélanie DUMAS1
(1) Pharmacie, Grand Hôpital de l´Est Francilien, 2-4 Cours de la Gondoire, 77600 Jossigny
Introduction : Notre pharmacie à usage intérieur réalise des préparations de nutrition parentérale individualisée (NPI) pour le service de réanimation néonatale. Les prescriptions, exprimées en apports totaux (entéral + parentéral) via Logipren®, sont converties en volumes puis transmises à l’automate Medimix® (IMF®). Lorsque les apports entéraux couvrent partiellement les besoins, certains volumes d’électrolytes à incorporer en NP peuvent être inférieurs aux seuils garantissant une précision ±5 % selon le fabricant (<1 mL pour le gluconate de calcium 10 %, <0,5 mL pour le NaCl 10 % et le KCl 10 %). L´objectif est d´évaluer la fréquence d’utilisation de ces volumes infra-spécifications et leur impact sur l’exactitude des préparations.
Matériel & méthode : Une étude en deux volets a été menée :
(1) qualification métrologique annuelle de l’automate avec une étude de répétabilité (n=15) et d’exactitude gravimétrique pour des volumes volontairement inférieurs aux seuils recommandés (0,5 mL pour Ca gluconate ; 0,2 mL pour NaCl et KCl) ;
(2) analyse rétrospective des préparations produites entre janvier 2024 et juin 2025 avec extraction des contrôles analytiques via BPprep®.Les volumes ≤0,1 mL, non incorporés selon la procédure interne, ont été exclus. Le pourcentage d’erreur entre concentration théorique et concentration mesurée a été calculé pour les poches contenant des volumes inférieurs aux seuils recommandés.
Résultats & discussion : En qualification, les coefficients de variation étaient de 3,2 % (KCl), 6,8 % (NaCl) et 0,4 % (Ca gluconate) ; l’exactitude moyenne relative restait <5 %.
En pratique, les volumes infra-spécifications représentaient 0,12 % des volumes injectés. Sur les 2068 poches de nutrition préparées par notre unité sur cette période, 14 poches contenaient un volume <0,5 mL de NaCl (erreur moyenne +1 % (-5% - 7%)) et 14 poches un volume <1 mL de Ca gluconate (erreur moyenne −2 % (-12% - 0%)). Deux poches contenaient <0,5 mL de KCl ; les résultats étaient ininterprétables du fait de la limite de détection <3 mmol/L).
Conclusion : Les résultats suggèrent l’absence d’impact cliniquement significatif de l’incorporation de volumes infra-spécifications de chlorure de sodium et de gluconate de calcium. Sur les 28 poches concernées, 1 seule poche a dépassé la marge d´acceptabilité interne de ± 10 % (-12%). Ces situations demeurent rares (0,12 % des volumes injectés ; 1,4 % des poches produites) et ne justifient pas de sollicitation systématique des prescripteurs; d´autant plus que du fait du sur-remplissage de la poche, le volume réellement injecté au patient serait encore inférieur.
Concernant le potassium, l’impossibilité d’interpréter les résultats analytiques constitue une limite. Néanmoins, au regard du faible nombre de cas observés et des performances métrologiques obtenues lors de la qualification, le risque apparaît faible en pratique néonatale.
Mots-clefs : Nutrition parentérale, Bonnes pratiques de préparation, Contrôles analytiques