Impact de la montée de version d’un système d’information (SI) sur la réattribution des chimiothérapies : analyse économique et environnementale
Julia Maslo1, Auguste Guin1, Juliette Georger1, Maxime Apparuit1, Simrandeep Singh1, Anne JACOLOT1, MARTHE RIGAL1
(1) PUI, Hôpital Avicenne AP-HP, 125 route de Stalingrad, 93000 BOBIGNY
Introduction : Selon les Bonnes Pratiques de Préparation 2023, la réattribution d’une préparation consiste à dispenser à un patient une préparation initialement prévue pour un autre. Avant la mise à jour du système d’information (SI), cette procédure réalisée manuellement était chronophage et peu sécurisée, limitant sa réalisation. La version 6 (V6) du SI automatise ce processus en permettant la dissociation puis la réintégration informatisée des préparations dans le stock. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de cette évolution sur le nombre de réattributions et ses conséquences économiques et environnementales.
Matériel & méthode : Une étude rétrospective comparative est réalisée à partir des données de réattribution sur 2 périodes de 6 mois : 01/01/2025-30/06/2025 : période 1 avec la version 5.9 (P1V5) et 01/09/2025-28/02/2026 : période 2 avec la version 6 (P2V6). L’analyse prévoit l’évaluation financière (prix d’achat des spécialités au milligramme (mg) et dispositifs médicaux associés) et l’évaluation de l’impact carbone par mg (IC/mg) en kgCO2 mesuré avec l’outil institutionnel Carebone®. Le nombre de préparations détruites et réattribuées est comparé avec un focus sur les 3 molécules les plus réattribuées.
Résultats & discussion : 252 préparations ont été annulées ou reportées durant P1V5 contre 337 en P2V6 (+34%). Le nombre de préparations détruites a diminué de 6%, tandis que les réattributions ont augmenté de 11%. Au cours des deux périodes, les destructions concernent majoritairement des cytotoxiques (82% en P1V5 et 84% en P2V6), alors que les réattributions concernent principalement des anticorps monoclonaux (65% en P1V5 et 63% en P2V6). En P1V5, les 3 molécules les plus réattribuées sont celles préparées à doses fixes : Rituximab (n=20), Daratumumab (n=14) et Pembrolizumab (n=12), pour une dépense évitée de 130 566 €. En P2V6, les mêmes molécules sont retrouvées : Rituximab (n=26), Pembrolizumab (n=24) et Daratumumab (n=16) pour une dépense évitée de 201 751 € soit 55% plus élevée qu’en P1V5. L’IC/mg évité le plus élevé concerne le Daratumumab (136 kgCO2 en P1V5 versus 156 kgCO2 en P2V6), suivi du Rituximab (124 kgCO2 en P1V5 versus 150 kgCO2 en P2V6) et du Pembrolizumab (27 kgCO2 en P1V5 versus 52 kgCO2 en P2V6) soit un IC/mg évité cumulé de 368 kgCO2 en P2V6 contre 287 kgCO2 en P1V5 (+28%). Cette augmentation reflète l’accroissement du nombre de réattributions à fort IC/mg comme le Daratumumab ou le Rituximab. Par ailleurs, des pistes d’amélioration existent, notamment en menant une réflexion pour développer davantage de préparations à doses fixes.
Conclusion : La mise à jour du SI a permis sur 6 mois un meilleur gain économique et environnemental grâce à l’augmentation des réattributions. Cette activité est devenue indispensable au vu des économies générées. Par ailleurs, l’intégration systématique de l’IC/mg pourrait devenir un nouvel élément décisionnel dans le choix des réattributions.
Mots-clefs : Chimiothérapie, Développement durable, Bonnes pratiques de préparation