Espace posters 2026
Santé Publique & Médico-économie
227 SP
Bélatacept : l’arrondissement des doses réduit les pertes médicamenteuses et les coûts sans compromettre la sécurité

Coralie Vallée1, Anna Sari1, Noémie Li hong wan1, Aurélie Martinez1, Manon Mamberti1, Lauriane Foli1, Guilhem Devic1, Hugo Augagneur1, Nicolas Terrail1
(1) cessions externes, CHU Lapeyronie, 271 avenue du doyen Gaston Giraud, 34090 Montpellier

Introduction : Le bélatacept (Nulojix®) est un immunosuppresseur utilisé en transplantation rénale. Il est administré par perfusion intraveineuse à la dose de 6 mg/kg en dose d’entretien. Son conditionnement en flacons de 250 mg conduit fréquemment à des doses calculées ne correspondant pas à des multiples de flacon, générant des pertes médicamenteuses et un surcout pour les établissements de santé. Dans un contexte de bon usage des médicaments et de maîtrise des dépenses de santé, une stratégie d’arrondissement des doses au flaconnage a été envisagée afin de limiter les pertes tout en préservant la sécurité et l’efficacité. Objectif : Évaluer la faisabilité, l’impact économique et la tolérance clinique d’un arrondissement des doses de bélatacept dans une marge de ±5 % de la dose théorique.
Matériel & méthode : Il s’agit d’une étude monocentrique rétro-prospective incluant 277 patients adultes transplantés rénaux traités par bélatacept IV entre le 1 décembre 2025 et le 1 janvier 2026 conduite dans le service des cessions externes d’un centre hospitalier universitaire. La phase rétrospective (n= 134) a analysé les administrations réalisées sans arrondissement pour estimer le nombre de flacon utilisés, la perte et le coût associé. La phase prospective (n= 143) a mis en œuvre, après concertation médico-pharmaceutique, l’arrondissement des doses prescrites au flaconnage lorsque la dose administrée restait < 5 % de la dose théorique. Les critères évalués étaient : flacons économisés, coût évité, quantité de médicament gaspillée et tolérance clinique.
Résultats & discussion : Sur les 277 administrations analysées (âge médian : 61 ans, 57,8 % d’hommes, poids médian : 73 kg), 13,7 % des doses (38 administrations) auraient pu être arrondies. Cette stratégie correspond à 38 flacons potentiellement économisés (9 500 mg de bélatacept) soit une économie de 9 766 € sur deux mois avec une projection annuelle de 58 596 €. Cela représente 7.0% du budget annuel en immunosuppresseurs de notre service. L’écart médian induit par l’arrondissement est de 14 mg (écart moyen : 16,5 mg), restant inférieur à 5 % de la dose prescrite. Aucun événement indésirable lié à l’arrondissement n’a été observé. Toutefois, la durée de l’étude ne permet pas de conclure formellement à l’absence d’impact sur l’efficacité clinique. Ces résultats montrent qu’un ajustement simple des doses réduit significativement le gaspillage médicamenteux et les coûts.
Conclusion : L’arrondissement des doses de bélatacept au flaconnage avec une marge de ±5%, apparaît comme une stratégie faisable, efficace sur le plan économique et sécurisée en pratique clinique. Elle constitue un levier pertinent de bon usage du médicament en transplantation rénale, combinant maîtrise des coûts, réduction significative du gaspillage médicamenteux et respect de la sécurité du patient. Elle pourrait être intégrée de manière systématique dans la pratique clinique pour optimiser l’utilisation des immunosuppresseurs conditionnés en flacons fixes.
Mots-clefs : Adaptation posologique, Rétrocession hospitalière, Responsabilité sociétale et environnementale
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