Bon usage de l’Icatibant aux urgences : étude de la conformité des prescriptions aux recommandations, sensibilisation au réseau CREAK
Margaux LO MONACO1, Hélène FORTES-BEACCO1, Estelle Montanard2, Marianne MICARD3, Elodie Chasseuil2
(1) Pharmacie à Usage Intérieur, Centre Hospitalier Roland-Mazoin, , 87200 Saint-Junien
(2) Pharmacie à Usage Intérieur, Centre Hospitalier Roland-Mazoin, 87200 Saint-Junien
(3) Faculté de pharmacie, Université de Limoges, , 87000 Limoges
Introduction : L’angiœdème héréditaire avec déficit en C1-inhibiteur (AOH-C1-Inh) est une maladie rare. Sa prévalence est estimée à 1/50 000. L’Icatibant est un médicament indiqué dans le traitement symptomatique des crises aiguës d’AOH-C1-Inh. La survenue de plusieurs dispensations rapprochées aux urgences a conduit à s’interroger sur la pertinence des prescriptions au regard des recommandations en vigueur.
Le but est d’étudier les indications de l’Icatibant aux urgences et de vérifier leurs conformités aux recommandations. Dans un second temps, l’objectif est de sensibiliser les professionnels de santé sur le bon usage du médicament et de sécuriser la prise en charge médicamenteuse.
Matériel & méthode : Une étude rétrospective observationnelle monocentrique des dispensations d’Icatibant a été menée de février 2022 à octobre 2025 aux urgences, incluant les patients ayant reçu au moins une dose d’Icatibant. Les données ont été recueillies à partir des dossiers médicaux. Pour chaque dispensation, les critères suivants ont été étudiés : l’administration d’antihistaminique, la prise d’inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC), un contact avec le Centre de Référence des Angiœdèmes (CREAK) et le dosage du C1-inhibiteur.
Résultats & discussion : Depuis 2022, 16 unités d’Icatibant ont été dispensées aux urgences pour 12 patients.
L’Icatibant a été administré dans : 37.5 % des cas pour suspicion d’angiœdème bradykinique, dont 6 % sur avis du CREAK avant l’administration, et 62.5 % sans indication retrouvée.
Concernant la prise en charge associée, 65 % des patients avaient reçu un antihistaminique antérieurement. Parmi les patients traités, 24 % étaient sous IEC.
Le CREAK a été contacté pour 24 % des prescriptions dont 75 % après l’administration.
Enfin un dosage du C1-inhibiteur a été réalisé dans 18 % des cas, et aucun n’a retrouvé de déficit.
Ces résultats ont conduit à une présentation en Commission du médicament et des dispositifs médicaux stériles (COMEDIMS), afin de sensibiliser les professionnels de santé au bon usage de l’Icatibant et au recours au CREAK.
Cette étude met en évidence une faible conformité des prescriptions d’Icatibant aux recommandations actuelles avec un recours limité au CREAK. Il est nécessaire de sensibiliser les professionnels de santé au bon usage du médicament et au recours à ce réseau.
Conclusion : La présentation des résultats en COMEDIMS a permis d’initier une démarche de sensibilisation et de rédiger une fiche de bon usage de l’Icatibant afin de diminuer le taux de prescriptions hors autorisation de mise sur le marché. Enfin, une évaluation des pratiques professionnelles est envisagée.
Mots-clefs : Evaluation des pratiques professionnelles (EPP), Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Prescription hors AMM