Espace posters 2026
Responsabilité sociétale et environnementale
219 RSE
Contamination des eaux par des résidus médicamenteux en sorties d’hôpitaux

Léo NAPIWOCKA1, Damien PEYRONNET1, Guillaume Saint-Lorant1
(1) Pharmacie, CHU Caen Normandie, Av. de la Côte de Nacre, 14000 Caen

Introduction : La pollution des écosystèmes par les résidus médicamenteux est identifiée depuis 1981 comme un problème de santé publique et environnementale majeur. Dans le MEMO/19/1598, la commission européenne constate que ces micropolluants sont de plus en plus présents. Ces molécules sont actives à faible concentration constituant un risque écotoxicologique. De forte valeurs de rejet, un mauvais traitement au niveau des stations d’épuration, la négligence des soignants et des usagers sont des raisons pouvant conduire à une persistance dans l’environnement de ces micropolluants médicamenteux. L’objectif de cette étude est de déterminer la contamination des eaux d’un CHU et d’un CLCC en résidus médicamenteux.
Matériel & méthode : L’étude est réalisée sur deux sites hospitaliers distincts : un CHU et un CLCC présents à Caen la mer. Le CHU utilise un large spectre de médicaments en comparaison du CLCC, spécialisé dans le traitement des cancers. Les prélèvements sont effectués sur les eaux usées des hôpitaux sur une durée de 24 heures avec un échantillonnage automatique de 50-60 mL réalisé toutes les 8 minutes. Dans une heure effective de rejet, six prélèvements sont réalisés selon la réglementation (Articles R214-57 à R214-60). Les échantillons sont analysés en spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif (ICP- MS) et en chromatographie liquide à haute performance couplé à de la spectrométrie de masse (CLHP SM/SM).
Résultats & discussion : Les concentrations en médicaments retrouvées dans les eaux entre les deux établissements ne sont pas significativement différentes d’après le test statistique de Welch. Des différences entre les médicaments retrouvés sont à noter. Le CHU possède des concentrations en anticancéreux plus élevées que le CLCC spécialisé dans le traitement des cancers. Parmi les 34 substances actives dosées, plusieurs ont des concentrations supérieures aux valeurs écotoxicologiques comme la NOEC. Certaines molécules telles que l’amoxicilline sont présentes mais en faible quantité malgré lors demi- vie importante (≃35 jours) et leurs utilisations importantes dans les services de soins. Une explication pourrait être associée à la formation de métabolites au niveau de l’organisme ou dans les eaux par interactions. O-Desméthylvenlafaxine a une concentration supérieure à la Venlafaxine montrant que les métabolites doivent être observer au même titre que les molécules mère. La présence élevée d’anti- infectieux dans les eaux expose à des risques liés à l´antibiorésistance.
Conclusion : Les effluents hospitaliers du CHU et du CLCC contiennent des résidus médicamenteux à des concentrations élevées exposant à des risques environnementaux. L’installation d’un moyen de traitement à la sortie des établissements ou informer sur l’écoprescription pourraient être une mesure d’actions. La sensibilisation des professionnels hospitaliers et des usagers sur cette contamination et sur les principes de l’écoprescription sont des actions possibles.
Mots-clefs : Responsabilité sociétale et environnementale, Développement durable, Effets indésirables
Partager sur Partager sur