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Pharmacotechnie
156 PT
Préparation de tests cutanés allergologiques de molécules de chimiothérapie : analyse rétrospective sur 16 mois

Chaima AABBADI SOULA1, Nina DESOER1, Aude Coquard1, Charlotte Orsini1, Remi Varin 1, Marine Cavelier1
(1) Pharmacie, chu rouen, 37 Bd Gambetta, 76000 Rouen

Introduction : Une augmentation des réactions d’hypersensibilité (HS) a été constaté dans nos services d’oncologie. Les HS aux chimiothérapies (CHT), notamment aux sels de platine, sont fréquentes et peuvent entrainer une perte de chance pour les patients. Notre unité de préparation des cytotoxiques (UPC) prépare ainsi des prick-tests (PT) ou intradermoréactions (IDR) afin de confirmer ou non une allergie. L’objectif était de réaliser un état des lieux des prescriptions des tests cutanés allergologiques de molécules de CHT.
Matériel & méthode : Les préparations de PT/IDR d’octobre 2022 à février 2024 ont été extraites du logiciel de préparation. Les dossiers patients informatisés ont été consulté afin de recueillir des données épidémiologiques, les molécules de CHT reçues, l’indication de la réalisation de ces tests, la réponse aux tests et le devenir thérapeutique. La gravité de l’HS a été défini grâce à la classification de Ring et Messmer.
Résultats & discussion : Une cohorte de 46 patients a été extraite (sexe ratio H/F : 0,2) dont 45 ayant présenté une HS avec au moins un sel de platine. L’HS s’était manifestée en moyenne après 3,7 cures (toutes molécules confondues) contre 4,9 cures si administration de sels de platine. 18 patients (39%) avaient reçus la molécule de manière discontinue, et parmi eux 16 (89%) ont été testés positifs. 15% des patients ont présenté une HS de grade III (n=7), dont 3 patients ont nécessité une prise en charge par adrénaline. Il ne semblait pas y avoir de corrélation entre les protocoles choisis par le prescripteur et la gravité de l’HS. Les protocoles les plus utilisés étant ceux contenant la molécule pure, diluée à 10-1, 10-2 et 10-3. La réalisation des tests cutanés a permis de mettre en évidence une allergie avérée pour 60% des patients (n=28) dont 89% impliquant les sels de platine (n=25). Pour les 10 patients du CHU, les résultats des PT/IDR n’ont pas changé leurs prises en charge car leur protocole avait déjà été modifié suite à la réaction d’HS. Aucun n’a bénéficié d’un protocole d’induction de tolérance (IT).
Conclusion : Les préparations de PT/IDR ont permis de confirmer une allergie à une molécule de CHT chez plus d’un patient sur deux. Le sexe féminin, l’administration de sels de platine et de cures discontinues semblent constituer des facteurs de risque d’HS. Une réflexion menée avec l’équipe d’allergologie a également soulevé la question d’une harmonisation et d’une simplification des protocoles de PT/IDR. Devant une sous-utilisation des protocoles d’IT, la mise en place de réunions pluridisciplinaires régulières pourrait permettre de discuter du devenir des patients et d’évaluer l’intérêt d’un protocole d’IT.
Mots-clefs : Chimiothérapie, Effets indésirables, Parcours de soin
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