Sécurisation du circuit du médicament en EHPAD par la préparation des doses à administrer : étude avant/après
Marinaïs JOUBERT1, Adelaïde LENAIN1, Dominique LEGRAND1
(1) Pharmacie, CH Louis Pasteur de Chartres, 4 All. Claude Bernard, 28630 Le Coudray
Introduction : Le souhait d’une efficience médico-économique peut se trouver dans la mise en place de la Préparation des Doses à Administrer (PDA) par la sécurisation du médicament et l’optimisation du temps infirmier. Débutée en juin 2025 dans notre centre, la PDA permet de sécuriser le circuit du médicament conformément à la règle des 5 B (bon patient, bon médicament, bonne dose, bonne voie, bon moment). Elle s’inscrit dans une démarche de modernisation et d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins.
Objectifs : Évaluer l’impact de la PDA sur la conformité des piluliers en EHPAD
Matériel & méthode : Etude observationnelle comparative avant/après mise en place de la PDA réalisée en EHPAD entre juin 2025 et mars 2026.
Evaluation de la conformité des piluliers par la « Grille d’audit de la conformité des piluliers en fonction de la prescription médicale » de l’OMEDIT Bretagne.
Le nombre de piluliers audités déterminé avec le guide « Les bonnes pratiques de réalisation des piluliers en EHPAD avec PUI » de l’OMEDIT Centre-Val de Loire. Les piluliers sélectionnés par tirage aléatoire informatisé.
Les données collectées ont été analysées sur Excel®.
Résultats & discussion : Dans quatre services d’EHPAD totalisant 134 lits, 46 piluliers ont été audités. Au total, 359 prises médicamenteuses ont été analysées avant la mise en place de la PDA et 504 après sa mise en place.
Le taux global de non-conformité (NC) est passé de 17,5 % avant PDA (63 NC) à 0,6 % après PDA (3 NC), soit une diminution statistiquement significative (test du χ², p < 0,0001).
Durant l’audit pré-PDA, les taux de NC varient selon les services allant de 11.1% (7NC/63) à 26.9% (7NC/26).
Les principales NC pré-PDA observées concernent des traitements manquants(45 %), des erreurs de répartition dans les piluliers(25 %) et des médicaments déblistérés(22 %). En post-PDA, les rares NC observées sont liées à des changements de prescription intervenant entre deux réassorts.
Elles sont majoritairement observées lors de la prise du coucher et du matin.
Conclusion : L’audit réalisé, en EHPAD, met en évidence une diminution statistiquement significative des NC des piluliers après la mise en place de la PDA.
En pré-PDA, les NC sont plus fréquemment observées lors des prises du matin et du coucher, moments particulièrement contraints en termes d’organisation des soins. Ces résultats sont à interpréter en tenant compte du faible nombre de prises au coucher, pouvant majorer les pourcentages observés.
En limitant les manipulations et en standardisant la préparation des traitements, la PDA apparaît comme un levier majeur d’amélioration de la sécurisation du circuit du médicament.
Ces résultats soulignent l’intérêt de son déploiement dans les établissements médico-sociaux pour renforcer la qualité et la sécurité de la prise en charge médicamenteuse.
Une évaluation de la satisfaction des professionnels est réalisée afin d’apprécier l’impact organisationnel de la PDA sur les pratiques et l’organisation du circuit du médicament.
Mots-clefs : Audit, Automate de dispensation, Délivrance nominative automatisée, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse