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Pratique professionnelle
177 PP
Problématiques et optimisation du circuit des médicaments soumis à autorisation d’accès compassionnel : qu’en est-il depuis la réforme de juillet 2021 ?

Alexandra Domps 1, Aurélie Bardel1, Laetitia Valente1, Jihen BOUSSETTA2, Nadine Casimir1
(1) Pharmacie , CHU Saint Etienne ,
(2) Pharmacie , CHU Saint Etienne , ,

Introduction : Le circuit des médicaments en Autorisation d’Accès Compassionnels (AAC) est complexe et soumis à une réglementation spécifique, contraignant les Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) à adapter leur organisation et leurs ressources. Ce travail a pour but de réaliser un état des lieux des pratiques en France de la gestion des médicaments en AAC en PUI, afin d´identifier les difficultés rencontrées et de proposer des axes d’amélioration.
Matériel & méthode : Un questionnaire de 13 items a été élaboré sur GoogleForm puis diffusé par mail à plusieurs PUI. Les informations recueillies portaient sur : - les ressources humaines et matérielles - l’accompagnement du patient - la gestion des commandes - l’accompagnement et la sollicitation des prescripteurs - les difficultés rencontrées
Résultats & discussion : 56 PUI ont répondu au questionnaire. Les AAC sont gérées par le secteur de la rétrocession dans 94.6% (n=53) des PUI. Parmi celles-ci, 54,7 % reposent sur une gestion conjointe avec un secteur associé (essais cliniques, oncologie). Seules 5,4 % des PUI disposent d’un secteur dédié aux accès dérogatoires sans impliquer la rétrocession. Le personnel chargé de la gestion des AAC est : un pharmacien (100%), un interne en pharmacie (19.6%), un préparateur en pharmacie hospitalière (PPH) (17.9%) et/ou un attaché de recherche clinique (1.8%). La commande de ces médicaments est gérée par les pharmaciens (35,7%), les PPH (25%), ou conjointement par les deux. Le suivi des AAC se fait dans 73.6% des cas grâce à un tableau type EXCEL®. Les difficultés, rapportées par 46 PUI, concernent principalement la méconnaissance du cadre réglementaire par les prescripteurs et l’utilisation de la plateforme e-Saturne®. 60,7 % des PUI sont sollicitées pour les demandes initiales. Parmi elles, 92 % accompagnent les prescripteurs pour la saisie, 60,5 % rencontrent des difficultés d’accès à la plateforme et 42,1 % doivent ressaisir les demandes. Malgré les fiches de bon usage remises aux patients (67.3% des PUI) et les entretiens de primo-dispensation proposés pour optimiser la dispensation (36.4%), le déploiement est hétérogène. Ces éléments soulignent la charge de travail significative générée par la gestion des AAC pour les PUI, liée à des tâches administratives chronophages et à faible valeur ajoutée pharmaceutique. Une augmentation des ressources humaines et une délégation partielle de ces activités à du personnel non médical est à envisager. D’autres perspectives d’amélioration peuvent être proposées comme la création d’outils pour la formation et l’accompagnement des prescripteurs, ou encore une optimisation du suivi interne des demandes et des renouvellements d’AAC. Ces mesures permettraient de sécuriser le circuit, de réduire la charge de travail, tout en limitant les retards d’initiation de traitement et en renforçant l’expertise pharmaceutique pour les patients recevant des médicaments en AAC.
Conclusion : L’optimisation de ce circuit constitue un enjeu majeur, pour favoriser le développement d’activités à forte valeur ajoutée, telles que les entretiens et bilans lors des initiations de traitements en AAC, la réalisation de fiches de bon usage et la formation du personnel.
Mots-clefs : Rétrocession hospitalière, Autorisation temporaire d´utilisation, Entretien pharmaceutique, Amélioration de la qualité
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