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Pharmacie clinique
090 PC
Littératie en santé et adhésion thérapeutique dans la transplantation d’organes solides : revue systématique

Elouan DEMAY1, Astrid BACLE2
(1) Pharmacie - ARENE UMR CNRS 6051 Equipe RSMS INSERM U1309, CHU Rennes - EHESP, 15 Avenue du Professeur Léon Bernard,, 35000 Rennes
(2) Pharmacie - Equipe CITES , CHU Rennes - IRSET UMR1085, 2 rue henri le guilloux, 35000 Rennes

Introduction : Dans la transplantation d’organes solides (TOS), la non-adhésion aux immunosuppresseurs constitue une cause majeure de rejet du greffon. La littératie en santé (LS), définie comme la capacité à accéder, comprendre et utiliser l’information de santé, pourrait influencer cette adhésion thérapeutique (AT). Toutefois, les données disponibles restent hétérogènes et peu synthétisées. L’objectif de cette revue systématique est d’évaluer l’association entre LS et AT dans un contexte de TOS.
Matériel & méthode : Une revue systématique a été conduite selon les recommandations PRISMA. Les études ont été sélectionnées selon une approche PICO/PECO (Patients, Intervention/Exposition, Comparaison, Outcomes) incluant des patients adultes transplantés d’organes solides (rein, foie, cœur, poumon), avec mesure de la LS et évaluation de l’AT (questionnaires ou variabilité de la tacrolémie). Les bases PubMed, Web of Science et Google Scholar ont été interrogées jusqu’au 31 mars 2025. La sélection et l’extraction ont été réalisées indépendamment par deux évaluateurs. La qualité méthodologique a été évaluée à l’aide des outils RoB2 pour les essais cliniques randomisés (ECR), Newcastle-Ottawa Scale pour les études observationnelles prospectives et JBI pour les études transversales.
Résultats & discussion : Parmi 722 articles identifiés, 11 études ont été incluses après sélection (9 transversales, 1 prospective et 1 ECR), totalisant 1744 patients. Ces études étaient essentiellement monocentriques (n = 8) et publiés entre 2012 et 2025. Les études provenaient de 7 pays : États-Unis (n = 5), Canada (n=1), Suède (n=1), Norvège (n=1), Corée du Sud (n=1), Chine (n=1) et Turquie (n=1). La LS était mesurée à l’aide d’outils validés pour 10 des 11 études, principalement le HLQ (n = 3), le REALM (n = 3) et le S TOFHLA (n = 2). Une LS limitée concernait 2 à 25 % des patients. L’AT était évaluée par questionnaire dans 9 études, dont 8 validés en TOS principalement l’ITAS (n = 2) et le BAASIS (n = 2). Les deux autres recouraient à la mesure de la variabilité des concentrations résiduelles de tacrolimus (écart-type ≥ 2,5 ng/mL). La non adhésion variait de 14 à 58% des patients. Une association positive significative entre LS et AT était rapportée dans 7 études, dont les 3 analyses multivariées disponibles. Deux études examinaient le lien entre LS et ré-hospitalisations à un an, sans mettre en évidence d’association significative.
Conclusion : La LS apparaît comme un déterminant majeur de l’AT en TOS. Toutefois, plusieurs limites doivent être prises en compte : la faible prise en compte de facteurs confondants potentiels, la prédominance d’études nord‑américaines réduit la généralisabilité des résultats et la prédominance d’études transversales est un frein l’établissement d’un lien causal entre LS et AT. Ces résultats soutiennent le développement d’interventions d’éducation thérapeutique adaptées au niveau de LS. Ce travail de synthèse constitut un point d’étape essentiel pour le développement d’une stratégie d’éducation thérapeutique adaptée au niveau de LS des patients transplantés.
Mots-clefs : Education thérapeutique, Parcours de soin, Pharmacie clinique, Traitement personnel
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