Espace posters 2026
Pharmacie clinique
091 PC
Etude et optimisation de la consommation des gaz médicaux pour l’aérosolthérapie

Yuedongzi CHAI1, Bertrand ISAAC1, Sandra PETITGAS-FRAPPIER1, Stéphanie GANON1, Stéphanie TRICHET1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier Loire Vendée Océan, 20 Bd Guérin, 85300 CHALLANS - 85300

Introduction : Dans les services de médecine, une discordance peut exister entre, d’une part, la prescription médicale et l’administration des aérosols médicamenteux et, d’autre part, les recommandations d’aérosolthérapie. Cette situation peut entraîner une utilisation non optimale des fluides médicaux et un temps de travail soignant supplémentaire. L’objectif de cette étude est d’évaluer les pratiques réelles d’utilisation des fluides médicaux; comparer les prescriptions avec les pratiques infirmières; estimer le potentiel d’optimisation en se basant sur les recommandations en vigueur.
Matériel & méthode : Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective incluant 237 patients hospitalisés dans 2 services de médecine polyvalente. Les données ont été recueillies à partir des prescriptions informatisées sur une période de 3 mois durant la saison hivernale. Pour chaque patient recevant un aérosol, une pancarte détaillée d’administration a été élaborée comportant l’identité du patient, la date et l’heure de chaque administration, les médicaments (terbutaline, ipratropium, budésonide et salbutamol), le gaz vecteur utilisé. Trois pancartes ont été faites : 1.Version prescription : basée sur les prescriptions (gaz vecteur indiqué). 2.Version pratique réelle : corrigée selon les pratiques des infirmiers. 3.Version optimisée : basée sur les recommandations. Une comparaison entre ces trois versions a ensuite été réalisée.
Résultats & discussion : Durant la période étudiée, 48 patients sur 237 (20.3%) ont reçu une aérosolthérapie. Au total, les prescriptions prévoient 1305 administrations d’aérosols, le nombre réel d’administrations est estimé à 1244. Les ajustements réalisés en pratique par les infirmiers (notamment le mélange de terbutaline et d’ipratropium) ont permis une réduction de 4,67 % du nombre d’administrations. Dans la situation optimisée, en tenant compte de toutes les possibilités de mélange des médicaments nébulisables, le nombre d’administrations aurait été de 1135, soit 8,35 % de réduction en plus (109 administrations). Cela correspond à une économie estimée de 1635 minutes de temps de travail, soit 27 heures. Concernant les gaz vecteurs, les prescriptions prévoient 756 administrations sous air médical et 549 sous oxygène. En pratique, on estime que 819 administrations ont été réalisées sous air médical et 425 sous oxygène. Cette modification s’explique par une adaptation des infirmiers, notamment chez les patients atteints de BPCO, pour lesquels l’oxygène (débit de 5 à 6L/min) peut être contre-indiqué.
Conclusion : Cette étude permet de réaliser un état des lieux précis de l’utilisation des gaz médicaux. Les résultats mettent en évidence : une adaptation des pratiques par les infirmiers face à certaines prescriptions et un potentiel d’optimisation significatif en termes de consommation de gaz médicaux et de temps de travail. La mise en place de recommandations institutionnelles et d’outils d’aide à l’administration pourrait permettre d’améliorer cette adéquation entre prescriptions, administrations et recommandations.
Mots-clefs : Analyse prescription, Pharmacie clinique, Evaluation des pratiques professionnelles (EPP), Evaluation médico-économique, Recommandations de pratiques cliniques
Partager sur Partager sur