Espace posters 2026
Informatisation-automatisation-sécurisation du circuit des produits de santé
035 I
GOOGLE LENS® : UN OUTIL DE SÉCURISATION DU CIRCUIT DES PRODUITS DE SANTÉ

Emilyne GUAN1, Clarisse LAURENT1, Elvire MARTIN LEMAIRE1, Claire JUDEL1, Olivia CHAUVEL1, Georges NICOLAOS1, Chloé DUPONT1
(1) Pharmacie (PUI), Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, 25-29 Rue Manin, 75019 Paris

Introduction : L’accès rapide à des informations fiables sur les produits de santé est un enjeu majeur. En novembre 2025, Google et GS1 ont annoncé un partenariat permettant le scannage natif, via l’application Google Lens®, des codes-barres 2D GS1 Datamatrix (GS1DTM) présents sur les emballages de médicaments (MDC) et de dispositifs médicaux (DM). Cette innovation ouvre de nouvelles perspectives en matière d’accès à l’information puisque le GS1DTM peut inclure une adresse URL. Ainsi, cette étude vise à évaluer la scannabilité des GS1DTM et à déterminer la pertinence des informations mises actuellement à disposition.
Matériel & méthode : À l’aide d’un smartphone Android équipé de Google Lens®, un audit a été réalisé en janvier 2026 sur 50 DM, 50 MDC et 50 étiquettes de traçabilité (ET). Ces derniers ont été choisis en évitant la redondance des fournisseurs pour une même gamme de produits. Les principales données recueillies étaient le nombre et le type de code-barres. Après scan et vérification de la lisibilité du GS1DTM (si présent), les données recherchées étaient le nom du fournisseur et la présence d’une adresse URL redirigeant vers un site de fabricant, une fiche technique ou un RCP. En présence d’un QR code, une vérification du contenu a été réalisée.
Résultats & discussion : Des codes-barres (1D ou 2D) GS1 étaient présents sur l’ensemble des DM et des MDC et sur 42 des 45 ET présentant un code-barres. Les emballages comportaient jusqu’à 8 codes-barres et 3 types de code-barres différents. Pour les DM, 62% (n=31) présentaient au moins un GS1DTM tandis que les MDC et les ET comportaient dans 100% (n=50) et 80% (n=36) des cas un GS1DTM unique. Leur lecture était immédiate dans respectivement 100% (n=31), 96% (n=48) et 89% (n=32) des cas et permettait d’identifier le fournisseur dans 97% (n=30), 2% (n=1) et 86% (n=31) des cas. L’accès à un site web a été possible dans 16% (n=5), 2% (n=1) et 22% (n=8) des cas. Enfin, des QR codes ont été identifiés pour 12% (n=6) des DM et renvoyaient vers une fiche technique dans 83% (n=5) des cas. En parallèle, les codes linéaires sont toujours utilisés et ont été retrouvés sur 60% (n=30) des DM, 18% (n=9) des MDC et 20% (n=9) des ET. Cette étude met ainsi en évidence une hétérogénéité des codes-barres présents sur les emballages des produits de santé. Si le GS1DTM tend à se généraliser, les codes linéaires restent largement utilisés malgré une capacité de stockage d’informations restreinte et un risque d’erreur accru, en particulier avec les formats multilignes.
Conclusion : La généralisation du GS1 Datamatrix permettrait de simplifier les systèmes d’identification tout en offrant la possibilité d’intégrer davantage d’informations. Celles-ci, sécurisées par GS1, devraient idéalement inclure une URL donnant accès à minima au site du fabricant et de manière plus optimale à une fiche technique ou à un RCP, ainsi qu’à des conseils d’utilisation et de bon usage destinés au patient. Ainsi, l’accessibilité croissante d’outils grand public tels que Google Lens® pourrait constituer un levier majeur dans le développement de la sécurisation et du bon usage des produits de santé.
Mots-clefs : Codes à barres, Dispositif médical implantable, Dispositifs médicaux stériles, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Audit
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