Écoprescription : impact des interventions pharmaceutiques dans l’incitation au relais intraveineux–peros
Charlotte Strozyk1, Thomas Grosset1, Marine Sebillotte2, Anne-Yvonne ABAUT1, Pierre-Yves Berthier1, Béatrice Marie Dit Dinard1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier de Fougères, 133 Rue de la forêt
, 35300 Fougères
(2) Unité infectieuse, Centre Hospitalier de Fougères, 133 Rue de la forêt
, 35300 Fougères
Introduction : Dans une démarche de développement durable à travers l’éco-prescription, notre centre hospitalier s’intéresse au relais intraveineux–per os (IV-PO) des médicaments injectables.
L´objectif est d´évaluer l’impact d’une action de sensibilisation des prescripteurs au relais intraveineux–per os sur les prescriptions hospitalières au sein de notre établissement.
Matériel & méthode : Une liste de spécialités éligibles au relais per os a été établie en concertation pluridisciplinaire avec médecins et pharmaciens lors du COMEDIMS de juin 2025. Les molécules sélectionnées disposaient d’une forme injectable et d’une forme orale référencées dans l’établissement, avec une biodisponibilité orale élevée. Des critères cliniques permettant le relais per os (notamment stabilité clinique et voie digestive fonctionnelle) ont été définis.
Des messages types d’intervention pharmaceutique à destination des prescripteurs ont été rédigés pour chaque spécialité concernée, incluant des propositions de posologie adaptées pour la voie orale. Une information des cinq pharmaciens et internes réalisant l’analyse pharmaceutique a été réalisée.
La sensibilisation des prescripteurs s’est appuyée sur l’envoi, via le logiciel de prescription informatisée, d’un message d’incitation au relais per os lors de l’analyse pharmaceutique des prescriptions dès qu’une situation éligible était identifiée.
Résultats & discussion : Au total, 27 molécules ont été identifiées comme éligibles au relais per os, réparties en quatre catégories : antalgiques, anticonvulsivants, anti-infectieux et vitamines. L’étude s’est déroulée du 15 août au 15 octobre 2025.
Sur cette période, 246 messages d’incitation au relais per os ont été adressés aux prescripteurs via le logiciel de prescription. Parmi eux, 35 % concernaient le paracétamol et 20 % des anti-infectieux. Le relais per os a été réalisé dans 43,8 % des situations identifiées.
Pour l’ensemble des anti-infectieux, le taux d’acceptation était de 51 %. Les taux d’acceptation étaient élevés pour certaines molécules, notamment le paracétamol (78 %), le néfopam (65 %), l’amoxicilline–acide clavulanique (66 %) et la spiramycine (73 %). Certaines molécules présentaient des taux plus faibles, comme le pantoprazole (15 %) ou le métronidazole (24 %).
Conclusion : Cette étude met en évidence l’intérêt d’une intervention pharmaceutique ciblée pour favoriser le relais per os chez les patients éligibles. Une variabilité du taux d’acceptation est toutefois observée selon les molécules, pouvant s’expliquer par une appropriation variable de la pratique par les prescripteurs ou par la difficulté, pour les pharmaciens, d’identifier certains critères cliniques lors de l’analyse pharmaceutique.
L’analyse du taux d’acceptation selon les services pourrait permettre de mettre en place des actions de sensibilisation ciblées. L’évaluation de l’impact de cette démarche sur le temps infirmier, la réduction des déchets de soins et les coûts hospitaliers constitue également une perspective de ce travail.
Mots-clefs : Intervention pharmaceutique, Analyse prescription, Antibiothérapie, Pharmacie clinique, Responsabilité sociétale et environnementale