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Pharmacie clinique
095 PC
Benzodiazépines : agir du prescripteur au patient pour améliorer leur bon usage en psychiatrie

Emma Larrieu1, Lauréna Rolando1, Aurélie Boudard1, Elise N´KAOUA1, Véronique Berlaud1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier Montperrin, 109 Avenue du Petit Barthélémy, 13100 Aix en Provence

Introduction : Les benzodiazépines (BZD) sont largement utilisées en psychiatrie. Cependant, leur mésusage reste fréquent, tant du côté des patients que des prescripteurs. Les prescriptions prolongées de BZD ne dépendent pas uniquement des prescripteurs, mais aussi des attentes, des connaissances et des croyances des patients, qui peuvent constituer un frein à la réévaluation et à la déprescription. Une approche incluant ces deux dimensions apparaît nécessaire pour améliorer le bon usage. L’objectif est d’évaluer les pratiques de prescription des BZD et d’explorer un levier d’amélioration centré sur le patient à l’aide d’un quiz éducatif, visant à initier la réflexion sur leur bon usage.
Matériel & méthode : Une évaluation des pratiques professionnelles (EPP) a été réalisée à partir d’une grille d’audit des prescriptions de BZD, dans un hôpital psychiatrique. La grille d’audit, que nous avons construite, comportait les critères suivants : présence d’un antécédent de BZD dans l’année, présence d’une BZD sur la prescription en cours, associations de BZD, ainsi que des durées de prescription supérieures à 3 mois pour les BZD à visée anxiolytique et à 1 mois pour celles à visée hypnotique. Les patients ont été sélectionnés aléatoirement via le logiciel métier Cariatides. En parallèle, un jeu de cartes intitulé « Question pour une Benzo » a été créé, à destination des patients. Ce quiz, comprenant 40 questions, réparties en différentes thématiques, a été déployé dans plusieurs services sous forme d’ateliers collectifs.
Résultats & discussion : Au total, 76 patients, issus de 10 unités de soins, 45 hommes et 31 femmes, ont été inclus dans cette EPP. 79 % des patients avaient un antécédent de prise de BZD dans l’année et 89 % avaient au moins une prescription de BZD en cours. Une association de deux BZD a été retrouvée chez 41 % des patients. 58 % des BZD à visée anxiolytique étaient prescrites depuis plus de 3 mois et 11 % des BZD à visée hypnotique étaient prescrites depuis plus de 1 mois. Concernant les ateliers patients, 40 patients ont participé, sur 3 mois. L’apprentissage ludique a favorisé la participation, ainsi que les échanges entre les patients. Le quiz a permis d’identifier des idées reçues et des méconnaissances, et s’est révélé être un support pertinent d’entretien pharmaceutique. Les résultats de l’EPP confirment la persistance d’écarts aux recommandations et le mésusage des BZD, notamment en termes de durée de prescription et d’associations. Ces écarts peuvent être en partie expliqués par une méconnaissance des risques ou une crainte d’arrêt par les patients. Le format ludique du quiz favorise l’ouverture du dialogue autour du bon usage et de la déprescription.
Conclusion : Une approche, combinant une EPP et un outil éducatif simple, reproductible et transférable constitue un levier pertinent pour améliorer le bon usage des BZD. L’amélioration de ce bon usage du médicament nécessite d’agir simultanément sur les pratiques de prescription et les connaissances des patients. Un entretien pharmaceutique centré sur la déprescription des BZD apparaît comme une perspective pertinente.
Mots-clefs : Pharmacie clinique, Analyse prescription, Education thérapeutique
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