Mesure isotopique du volume globulaire total par radiomarquage des hématies : analyse multicentrique des pratiques
Audrey Iwanoff1, Iram Achek1, Armelle Yollant2, Stéphane Giraudier2, Isabelle Madelaine3, Emmanuelle Barré1, Carine San1
(1) Radiopharmacie, Hôpital Saint-Louis AP-HP, 1 avenue Claude Vellefaux, 75010 Paris
(2) Biologie Cellulaire, Hôpital Saint-Louis AP-HP, 1 avenue Claude Vellefaux, 75010 Paris
(3) Pharmacie, Hôpital Saint-Louis AP-HP, 1 avenue Claude Vellefaux, 75010 Paris
Introduction : La détermination de la masse sanguine est l’examen de marquage cellulaire le plus fréquemment réalisé dans notre centre. Elle permet de confirmer ou d’exclure une polyglobulie chez des patients présentant une augmentation persistante de l’hématocrite. La méthode de référence repose sur le radiomarquage des hématies au technétium 99m après sensibilisation au pyrophosphate de sodium, couplé à la mesure du volume plasmatique par radiomarquage à l’albumine humaine marquée à l’iode 125 (SERALB-125®). Dans le cadre du passage de l’activité de marquage cellulaire sous responsabilité pharmaceutique, un état des lieux des pratiques locales a été réalisé et confronté à celles observées dans d’autres centres.
Matériel & méthode : Pour ce faire, une grille d’observation standardisée comportant sept items a été élaborée. Elle portait sur : l’hygiène (habillage, désinfection du poste de travail, techniques de manipulation en conditions aseptiques), les contrôles microbiologiques, le matériel et la méthode de radiomarquage ainsi que les modalités et délais de prélèvements sanguins post-injection. Chaque item a été évalué sur site lors d’observations directes.
Résultats & discussion : Au total, les techniques de quatre centres, dont le nôtre, ont été observées à l’aide de la grille d’observation. Des divergences de pratiques ont été mises en évidence. Concernant l’hygiène, le port d’un habillage stérile n’était réalisé que dans un seul centre tandis que l’utilisation de gants stériles était observée dans deux centres. Seul notre centre ne réalisait pas de contrôles microbiologiques environnementaux dans la pièce de marquage cellulaire. Pour le matériel utilisé, la principale divergence retrouvée est l’usage d’aiguille à ponction lombaire pour les prélèvements des surnageants post centrifugation, tandis que seul notre centre utilisait des pipettes stériles. Concernant la méthode de radiomarquage, une différence majeure portait sur la SERALB-125®. Notre centre réalisait un marquage plasmatique in vitro, alors que les autres centres procédaient à une injection directe conformément au résumé des caractéristiques du produit. Enfin, les modalités de prélèvement sanguin post injection différaient. Un centre réalisait un point unique de prélèvement cinq minutes après injection des hématies radiomarquées, tandis que les autres centres effectuaient plusieurs points de prélèvements allant jusqu’à 40 à 45 minutes.
Conclusion : En conclusion, les axes d’amélioration dans notre centre concernent les manipulations en conditions aseptiques (port de gants et de casaques stériles) ainsi que la mise en place de contrôles microbiologiques de l’environnement dans le local de marquage cellulaire et la réalisation de tests de remplissage aseptique L’utilisation de pipettes stériles semble toutefois limiter le risque d’accident d’exposition au sang par piqûre. Enfin une étude comparative multicentrique pourrait être envisagée afin d’évaluer la performance du marquage plasmatique in vitro par rapport à l’injection directe de SERALB-125®.
Mots-clefs : Radiopharmaceutique, Amélioration de la qualité, Audit, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse