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Pharmacie clinique
100 PC
Antibiothérapies de longue durée : Et si le pharmacien devenait votre meilleur coach ?

Névine Belkaïd El Guedri1, Aurélie Feral1, Charlotte Wemmert2, Eva Choulet1, Marie Dubert2, Caroline Humbert2, Jean-Luc Pons1
(1) Pharmacie à Usage Intérieur, Centre Hospitalier Victor Dupouy, 69 Rue du Lieutenant Colonel Prudhon, 95107 Argenteuil
(2) Equipe mobile d´antibiothérapie, Centre Hospitalier Victor Dupouy, 69 Rue du Lieutenant Colonel Prudhon, 95107 Argenteuil

Introduction : Les antibiothérapies orales (ATB) de longue durée exposent les patients à des risques de mauvaise observance et de gestion inappropriée des effets indésirables (EI). Un mauvais suivi thérapeutique peut compromettre l’efficacité du traitement, augmenter les complications et participer à l’antibiorésistance. Les entretiens pharmaceutiques (EP) s’inscrivent dans une démarche d’éducation thérapeutique du patient visant à améliorer les connaissances et le rendre acteur de son propre traitement. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’impact des entretiens pharmaceutiques sur les connaissances des patients concernant leur ATB.
Matériel & méthode : Etude descriptive, prospective et monocentrique menée chez tous les patients adultes, hospitalisés, sous ATB pour une durée prévisible supérieure ou égale à 14 jours au domicile, menée de Novembre 2025 à Mars 2026. L’EP était réalisé par un pharmacien clinicien, toujours après une première information du patient réalisé par le médecin référent ou l’infectiologue. Les connaissances étaient évaluées au début et à la fin de l’EP à l’aide d’un questionnaire portant sur : indication, modalités de prise, durée, gestion des EI et conduite à tenir en cas d’oubli. Tous les résultats ont été analysés par un test de comparaison de proportions avec un seuil de significativité de p<0,05.
Résultats & discussion : Au total, 21 patients ont été inclus, 13 femmes (62%), âge médian: 64 ans [IQR 54,5–71,5], dont 15 patients (71%) exclusivement en monothérapie. Les EP concernaient les molécules suivantes : cotrimoxazole (n=5, p=24%), lévofloxacine et doxycycline (n=4, p=19% chacun), linézolide/amoxicilline/métronidazole (n=3, p=14% chacun). Avant l’EP, 71% (n=15) des patients connaissaient l’indication du traitement, 5% (n=1) connaissaient le nom de l’ATB, 43% (n=9) connaissaient la posologie, 19% (n=4) la durée de ATB, 29% (n=6) connaissaient les principaux effets indésirables et 19% (n=4) la conduite à tenir en cas d’intolérance. Aucun patient ne connaissait la posologie exacte. Après l’entretien, une nette amélioration des connaissances a été observée : indication (n=20, ; 95% ; p=0,038), nom de l’ATB (n=18 ; 86% ; p<0,001), posologie (n=20 ; 95% ; p<0,001), durée (n=21 ; 100% ; p<0,001), EI (n=17 ; 81% ; p<0,001) et conduite à tenir (n=21 ; 100% ; p<0,001). Les principaux EI retenus étaient les manifestations cutanées/photosensibilité (n= 14; 67%) et les troubles digestifs (n= 15 ; 71%). L’atteinte tendineuse était retenue par 67% des patients exposés aux fluoroquinolones (n= 4/6).
Conclusion : L’EP améliore significativement les connaissances des patients traités par ATB de longue durée. Son intégration dans le parcours de soins apparaît justifiée et permet au pharmacien clinicien d’identifier et d’améliorer la compréhension du patient, contribuant ainsi à sécuriser le bon usage des ATB et à rendre le patient acteur de sa prise en charge thérapeutique.
Mots-clefs : Antibiothérapie, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Pharmacie clinique, Education thérapeutique, Entretien pharmaceutique
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