Espace posters 2026
Pharmacie clinique
101 PC
Petits patients, grands enjeux : l’impact des interventions pharmaceutiques en pédiatrie

Eva CHOULET1, Aurélie FERAL1, Névine BELKAID1, Mickael LE BARBU1, Jean-Luc PONS1
(1) Service Pharmacie, Centre Hospitalier d´Argenteuil, 69 Rue du Lieutenant Colonel Prudhon, 95100 Argenteuil

Introduction : Les interventions pharmaceutiques (IP) constituent un levier majeur d’optimisation et de sécurisation du circuit du médicament, plus particulièrement en pédiatrie où les patients sont particulièrement vulnérables. Leur analyse systématique permet d’identifier de manière précoce les situations à risque iatrogène, de caractériser les classes médicamenteuses les plus impliquées et d’évaluer la pertinence des prescriptions au regard des référentiels en vigueur. L’objectif de cette étude est de caractériser les IP réalisées en pédiatrie et identifier les problématiques médicamenteuses prédominantes.
Matériel & méthode : Une étude observationnelle rétrospective a été conduite sur l’ensemble des IP réalisées en 2025 dans les services de pédiatrie. Les données extraites sur le logiciel de prescription informatisée comprenaient le nombre d’IP, leur statut (acceptée, en attente, refusée), le type d’intervention (adaptation posologique, arrêt de prescription, optimisation des modalités d’administration…) les médicaments concernés et le détail de commentaires réalisés par le pharmacien analysant la prescription. L’analyse a permis de recenser les situations à risque fréquentes et d’identifier les médicaments les plus souvent impliqués.
Résultats & discussion : Au total, 313 IP ont été réalisées en 2025. Parmi elles, 71% étaient en attente (n = 222) et 27% acceptées (n=84). Les IP concernaient majoritairement des adaptations posologiques dans 27% des cas (n = 84), des arrêts de prescription à 25% (n=78) et 18% d’optimisations des modalités d’administration (n=57). Les médicaments les plus concernés étaient principalement des anti-infectieux : la gentamicine (n=7) présentait une posologie infra-thérapeutique à 3 mg/kg/jour, une administration allant de 2 à 3 fois par jour ou encore des prescriptions hors protocole informatisée ne précisant pas les modalités d’administrations. La céfazoline était prescrite à une posologie supra-thérapeutiques de 170mg/kg/jour (n=4) et le métronidazole (n=7) avec des indications non conformes tel que des appendicites non compliquées. Des traitements symptomatiques tels que le paracétamol (n=16) étaient prescrit avec des posologies suprathérapeutiques jusqu’à 15 doses/kg/jour, le macrogol adulte a été remplacé par le macrogol enfant (n=5). Des médicaments à risque tel que le fer injectable ont fait l’objet d’IP car le débit ou le solvant étaient manquants (n=2). Des traitements non conformes au livret (n=21) ont également fait l’objet d’IP suggérant une substitution équivalente.
Conclusion : L’analyse des IP met en évidence les principaux risques liés aux prescriptions médicamenteuses en pédiatrie. Afin d’améliorer la sécurité et la qualité des pratiques, des interventions en staff seront mises en place pour présenter ces IP, confronter les recommandations théoriques aux pratiques observées et sensibiliser les équipes médicales et soignantes. L’analyse des IP permettra d’identifier les situations à risque les plus fréquentes en pratique réelle et de développer des règles d’alerte adaptées à l’aide d’un système d’aide à la décision pharmaceutique (SADP) pour une population pédiatrique.
Mots-clefs : Analyse prescription, Intervention pharmaceutique, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse
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