Le bon médicament au bon âge : création d’une plaquette d’aide à la prescription des médicaments potentiellement inappropriés
Eva CHOULET1, Aurélie FERAL1, Névine BELKAID1, Mickael LE BARBU1, Jean-Luc PONS1
(1) Service Pharmacie, Centre Hospitalier d´Argenteuil, 69 Rue du Lieutenant Colonel Prudhon, 95100 Argenteuil
Introduction : La prise en charge médicamenteuse des patients âgés hospitalisés est particulièrement complexe en raison de la polymédication et, des modifications pharmacocinétiques et pharmacodynamiques liées au vieillissement. Ces facteurs favorisent la prescription de médicaments potentiellement inappropriés (MPI) et augmentent le risque de iatrogénie médicamenteuse. L’activité de pharmacie clinique réalisée en gériatrie a mis en évidence que les (MPI) restent fréquemment prescrits chez les patients âgés hospitalisés. L’objectif de ce travail est de fournir un support synthétique afin de sécuriser la prescription et favoriser la réévaluation des MPI au cours de l’hospitalisation.
Matériel & méthode : Une plaquette d’aide à la prescription, au format de poche, a été élaborée par un pharmacien hospitalier et un interne en pharmacie, puis relue et validée par les médecins gériatres. Elle est destinée aux prescripteurs impliqués dans la prise en charge des patients âgés hospitalisés. Sa conception s’est appuyée sur l’analyse des molécules les plus fréquemment impliquées dans les interventions pharmaceutiques (IP), ainsi que sur les recommandations en vigueur, comme les critères START/STOPP, l’OMEDIT et la liste REMEDIES.
Résultats & discussion : Parmi les 2634 IP réalisées en 2025 dans les services de gériatrie , 553 (21 %) concernent un MPI, soulignant la nécessité de structure et renforcer l’aide à la prescription. Les MPI les plus fréquemment impliqués sont : zopiclone (253 IP, 9,62 %), rilmenidine (181 IP, 6,89 %), néfopam per os (144 IP, 5,50 %) et injectable (136 IP, 5,20 %), hydroxyzine (118 IP, 4,50 %), tramadol et l’amitriptyline (89 IP chacun, 3,40 %), et enfin tamsulosine et bromazépam (81 IP chacun, 3,10 %). La plaquette rappelle la définition des MPI et présente les grandes classes thérapeutiques, leurs principaux effets indésirables et les alternatives thérapeutiques lorsqu’elles sont disponibles. Les MPI sont séparés en 12 sections : antalgiques, douleurs neuropathiques, antispasmodiques urinaires, antidiarrhéiques, antiémétiques, accès gouteux, dépression, diabète, épilepsie, insomnie primaire, troubles anxieux et cardiologie. Une section spécifique supplémentaire traite les recommandations de la prescription des inhibiteurs de la pompe à protons et de la correction de l’hypovitaminose D. Une section est consacrée au score anticholinergique (AC). Elle présente sa définition, les symptômes associés, ainsi qu’un tableau répertoriant les médicaments selon leur charge anticholinergique et les alternatives possibles à charge AC moindre. La dernière partie est consacrée à la bibliographie et recense les recommandations officielles pouvant servir d’aide à la prescription et à la déprescription.
Conclusion : La mise à disposition de cette plaquette, fondée sur les données locales et les recommandations actualisées, constitue un levier concret d’amélioration des pratiques et de bon usage des médicaments chez le sujet âgé. Diffusée aux prescripteurs, elle vise à renforcer la pertinence des prescriptions, promouvoir la réévaluation systématique des traitements et réduire le risque iatrogénique chez les patients âgés hospitalisés.
Mots-clefs : Médicament potentiellement inapproprié, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Gériatrie