Démarche d’écoresponsabilité en URC: quelles sont les pistes pour notre unité?
Tristan DEPRES1, Sara PLANES1, Nicolas TISSERAND1, Jean-Yves CHARRIER1
(1) Pharmacie, Hôpitaux Drôme Nord, 607 Avenue Geneviève de Gaulle-Anthonioz, 26100 Romans-sur-Isère
Introduction : Les établissements de santé sont d’importants consommateurs d’énergie et contributeurs d’émissions de gaz à effet de serre, comme le souligne le projet SHIFT. Les Unités de Reconstitution des Cytotoxiques (URC) sont particulièrement émettrices en raison de leur consommation de nombreux dispositifs médicaux (DM) à usage unique, de médicaments à forte empreinte carbone, et de l’utilisation d’une zone à atmosphère contrôlée. L’objectif de ce travail est d’identifier des leviers d’action concrets pour réduire les émissions de notre URC.
Matériel & méthode : Une recherche bibliographique des retours d’expérience d’autres unités a été réalisée (GERPAC, DUMAS, Onco Nouvelle Aquitaine). En parallèle, les déchets produits par notre URC (plastique, papier, médicaments) ont été recensés. Enfin, une concertation au sein de l’équipe a permis de définir la faisabilité des actions.
Résultats & discussion : Plusieurs pistes ont été identifiées :
Concernant le papier : la dématérialisation des fiches de fabrication permettrait d’économiser environ 12 ramettes de papier par an (soit 42 kg de CO2/an), avec une réflexion en cours sur la dématérialisation totale des prescriptions. Un travail a également été démarré sur la rationalisation des impressions.
Concernant les DM : L’optimisation du conditionnement des DM à usage unique (achat en pack de 10 spikes versus conditionnement unitaire) représenterait une réduction estimée à 8 kg de plastique par an.
L’utilisation de dispositifs limitant la consommation de plastique type CHEMLOCK ™ constitue également un levier (13g/patient par rapport à un arbre de chimiothérapie classique pour une monothérapie et plus en cas de polythérapie, soit au moins 45 kg de plastique par an).
Concernant les médicaments :
L’analyse des causes de non administration des poches, en collaboration avec l’hôpital de jour, a permis d’identifier des axes d’amélioration organisationnels visant à limiter le gaspillage médicamenteux (60% de poches détruites évitables, par exemple avec la réalisation de la bandelette urinaire avant le feu vert).
Parallèlement, une veille bibliographique sur la stabilité des reliquats est menée afin d´optimiser la conservation des produits et de réduire les pertes de principes actifs.
Enfin, des pistes complémentaires sont explorées : programmation en mode réduit de la centrale de traitement d’air en période d’inactivité et réflexion sur certains équipements de protection réutilisables.
Conclusion : L’impact majeur reste lié à la production des médicaments, difficilement maîtrisable à l’échelle locale. Des actions pragmatiques à petite échelle permettent néanmoins une réduction mesurable des déchets. Cette démarche progressive et participative constitue une première étape vers une URC plus écoresponsable, dans un contexte d’évolution législative intégrant systématiquement des critères environnementaux, bien que le cadre réglementaire concernant la stabilité des reliquats demeure un obstacle.
Mots-clefs : Responsabilité sociétale et environnementale, Informatisation, Chimiothérapie