Espace posters 2026
Pharmacie clinique
107 PC
Analyse des Médicaments Potentiellement Inappropriés (MPI) dans une Unité de Vie protégée (UVP) Alzheimer et troubles apparentés

Nicolas EHRHARD1, Claire-Hélène HENRY1, Marie FIZESAN2, Amélie ROUSSEAU-VOISIN2, Stéphanie MATHIS3
(1) Pharmacie, Albert Schweitzer, 201 avenue d´Alsace, 68000 Colmar
(2) Pharmacie, Centre Hospitalier de Rouffach, 27, rue du 4e RSM, 68250 Rouffach
(3) Gériatrie, Clinique du Diaconat, 18 Rue Charles Sandherr, 68000 Colmar

Introduction : Les MPI chez la personne âgée sont très fréquemment retrouvés dans les prescriptions (39,6% chez les plus de 75 ans en 2021). D’autre part, les patients en UVP sont naturellement plus exposés à certaines catégories de médicaments comme les antipsychotiques et les anxiolytiques. Cette étude fait un état des lieux sur la part de MPI en UVP afin de pouvoir optimiser les prescriptions.
Matériel & méthode : Nous avons évalué les prescriptions de 30 patients ≥ 75 ans ou entre 65 ans et 74 ans polypathologiques d’après la grille d’audit MPI V2 (décembre 2025) de l’OMEDIT Pays-de-Loire au cours du mois de mars 2026. Il s’agit d’une étude transversale. 4 situations pouvant faire basculer la prescription dans une position inappropriée ont été appréhendées : -Médicaments à balance bénéfices/risques défavorable (effets anticholinergiques et/ou autres risques) -Médicaments avec une dose inadaptée -Médicaments avec une durée inadaptée -Duplications médicamenteuses inappropriées
Résultats & discussion : 30 patients âgés de 68 à 102 ans avec un âge moyen de 85,5 ans ont été inclus dans cette étude. Les prescriptions comportaient entre 4 et 16 molécules (moyenne de 9,4), soit 282 lignes de médicaments au total. 97% des patients entraient dans au moins une des 4 situations inappropriées présentées précédemment : 93% pour une balance bénéfices/risques défavorable ; 57% pour une durée inadaptée ; 30% pour des duplications inappropriées ; 13% pour une dose inadaptée. Du point de vue des lignes de médicaments prescrits, on en a dénombré 4 sur 282 (1,4%) ayant une dose inadaptée et 69 sur 282 (24%) avec une balance bénéfices/risques défavorable (impact anticholinergique), dont une part importante de prescriptions conditionnelles. Les médicaments anticholinergiques avaient néanmoins une prévalence élevée puisque 93% des patients étaient concernés. En dehors de la lecture stricte de la grille, nous avons pu observer des prescriptions cohérentes et rationnelles : 1 molécule par indication neurologique dans 77% des cas, pas ou peu d’inhibiteurs de la pompe à protons (10% des patients), et que des benzodiazépines à demi-vie courte.
Conclusion : 97% des patients avaient au moins un MPI dans leur prescription. Compte tenu des besoins en UVP, il est difficile de limiter les prescriptions anxiolytiques et neuroleptiques. Néanmoins, la permanence d’un médecin salarié référent avec une spécialisation gériatrique, a représenté un atout dans l’éclairage des indications et des correctifs possibles. Pour analyser les MPI dans une UVP, il est nécessaire de dépasser cette grille d’audit pour poursuivre l’optimisation des traitements et sensibiliser les prescripteurs aux effets anticholinergiques de manière à diminuer encore l’usage de médicaments correcteurs et à améliorer le quotidien des patients (xérophtalmie, xérostomie, constipation, rétention urinaire, hypotension orthostatique, confusion, diminution des capacités intellectuelles …).
Mots-clefs : Médicament potentiellement inapproprié, Effets indésirables, Adaptation posologique, Gériatrie, Pharmacie clinique
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