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039 I
Solutions buvables et psychiatrie adulte : sécuriser l’administration orale

Léa MORIOT1, Laetitia FEDERICI DE BOTTON1, Alexandre FANHAN1, Sylvain LEROY1, Raphaël RAINONE1, Laure KINDELE BAMUADILA1
(1) Pharmacie, GHU paris psychiatrie et neurosciences (site Sainte Anne), 1 rue Cabanis, 75014 PARIS

Introduction : Les solutions buvables de psychotropes (diazépam, chlorpromazine, zuclopenthixol, halopéridol) existaient jusqu’alors en deux flaconnages, adulte et pédiatrique, source de confusion et d’erreurs d’utilisation en pédiatrie, via l’emploi du format adulte. En résulte une standardisation vers un flaconnage uniquement pédiatrique muni d’un compte-goutte. Toutefois, ce dispositif s’avère inadapté aux doses potentiellement élevées de psychiatrie adulte, exposant à un risque d’erreur de dose lors de l’administration. Pour sécuriser ces usages, le groupe d’amélioration de la qualité en psychiatrie de notre établissement, validé par la Commission Médicale d’Établissement, a proposé une prescription systématique des solutions buvables en mL. L´objectif est d´uniformiser et sécuriser l’administration des solutions buvables de psychotropes en psychiatrie adulte à l’aide d’un dispositif adapté aux volumes prescrits.
Matériel & méthode : Cette modification des pratiques a été initiée dans une unité ouverte (posologie standard) et fermée (posologie élevée). Un tableau d’équivalence gouttes – mg – mL est réalisé, affiché en poste de soin et transmis aux médecins. Des seringues pour administration orale d’1, 3 et 5 mL qui s’adaptent aux diamètres des flacons et aux posologies prescrites, ont été fournies durant 3 semaines et une procédure d’utilisation a été diffusée. Enfin, une évaluation des pratiques et un questionnaire de satisfaction (5 questions ouvertes) ont été réalisés auprès des infirmiers diplômés d’état (IDE) afin d’évaluer : confort, difficultés et sécurisation avec les seringues.
Résultats & discussion : Les 14 IDE des services ont participé (7 en ouvert, 7 en fermé). Il n’a pas eu de prescriptions de zuclopenthixol. La chlorpromazine a été utilisée dans les 2 unités, tandis que le diazépam et l’halopéridol l’ont été uniquement en unité fermée. La satisfaction des IDE varie selon les molécules : 57 % jugent les seringues pratiques pour le diazépam, 43 % pour l’halopéridol et 14 % pour la chlorpromazine. Pour 36 % des IDE, les seringues de 5 mL, volume adapté aux doses de chlorpromazine ont un diamètre inadapté à son flacon. L’opacité et les graduations étaient un frein à la précision pour 36 % des utilisateurs. La modification des habitudes est rapportée par 21 % des IDE, partagé par l’ensemble des médecins, estimant l’utilisation de ces dispositifs à risque d’erreur. Les seringues orales ont été appréciée par certains IDE bien que leur ergonomie (diamètre, opacité, lisibilité des graduations) reste un frein pour d’autres.
Conclusion : La prescription en mL constitue un levier de sécurisation. Cependant, les variations de satisfaction selon les molécules soulignent l’importance d’un dispositif adapté aux pratiques de terrain. De plus, la réticence liée au changement d’habitudes montre que la sécurisation médicamenteuse doit inclure un accompagnement des équipes. L’étape suivante sera de rechercher des seringues plus adaptées, et d’accompagner les IDE dans d’autres services, afin de sécuriser et d’harmoniser les pratiques.
Mots-clefs : Amélioration de la qualité, Erreurs médicamenteuses, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse
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