Espace posters 2026
Santé Publique & Médico-économie
232 SP
Analyse médico-économique de l’impact de la rémunération forfaitaire nationale dans la prise en charge des chimiothérapies en hospitalisation à domicile au sein d´un GHT.

Lucie NOIN1, Célia BOISSERANC 1, Dorian PROTZENKO 1, Adrien VAUDRON 2, Joël CONSTANS1, Michel TASHAN3
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier Intercommunal des Alpes du Sud, 1 Place Auguste Muret , 05000 Gap
(2) Département d´information médical, Centre Hospitalier Intercommunal des Alpes du Sud, 1 Place Auguste Muret , 05000 Gap
(3) Hôpital à domicile, Centre Hospitalier Intercommunal des Alpes du Sud, 1 Place Auguste Muret , 05000 Gap

Introduction : L’hospitalisation à domicile (HAD) constitue une alternative organisationnelle à l’hospitalisation de jour (HDJ) pour l’administration de chimiothérapies injectables. Elle permet de maintenir un niveau de qualité et de sécurité des soins comparable, tout en simplifiant le parcours des patients, notamment les plus fragiles. Afin d’accompagner son développement, une expérimentation nationale (article 50) a introduit en 2025 un forfait d’adressage visant à encourager l’orientation des patients vers l’HAD. Ce dispositif répond à des objectifs variables selon les établissements : limitation de la saturation des HDJ, augmentation des capacités de prise en charge et amélioration du confort des patients. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact médico-économique du transfert d’activité de l’HDJ vers l’HAD, d’estimer la contribution du forfait expérimental et d’analyser le bénéfice pour l’Assurance Maladie. L’impact environnemental a également été évalué.
Matériel & méthode : Étude médico-économique rétrospective menée sur 6 mois au sein d´un GHT. Ont été inclus les patients pris en charge en HAD pour des chimiothérapies injectables sous-cutanées. Les données recueillies comprenaient les caractéristiques des patients, l’indice de Karnofsky, le nombre de séjours et les distances domicile–hôpital. La valorisation a été estimée en comparant la valorisation théorique en HDJ à celle en HAD, avec ajout d’un forfait d’adressage théorique.
Résultats & discussion : Quarante patients (âge moyen : 73 ans) ont été inclus, représentant 161 séjours. L´indice de Karnofsky moyen était de 50–70 %. La valorisation en HAD s’élevait à 143 445,79 € contre 209 186,20 € en HDJ, soit un différentiel de 65 740,41 € défavorable à l’établissement. Après intégration du forfait d’adressage (20 712 €), l’écart restait de 45 028,41 €. À l’inverse, ce différentiel correspond à une économie pour l’Assurance Maladie. En incluant les transports évités (17 594,35 €), le gain total atteignait 62 622,76 €. Par ailleurs, 23 850,6 km de déplacements ont été évités, soit environ 4,6 tonnes de CO₂ non émises.
Conclusion : Le forfait d’adressage expérimental ne semble pas suffisant pour compenser la perte financière des établissements liée au transfert d’activité depuis l’HDJ. Ces résultats constituent une première estimation médico-économique utile pour documenter l’impact de ce dispositif et soulignent l’intérêt de poursuivre les évaluations à plus grande échelle. Le développement des chimiothérapies en HAD s’accompagne par ailleurs d’un bénéfice non négligeable en terme de dépenses de santé publique, et d’un impact environnemental significatif, notamment par la réduction des déplacements des patients. Au sein de notre GHT, où l’HDJ n’est pas saturé, une réflexion apparaît nécessaire sur les critères d’adressage vers l’HAD, en privilégiant les patients présentant une autonomie limitée et/ou résidant à distance de l’établissement.
Mots-clefs : Evaluation médico-économique, Chimiothérapie, Amélioration de la qualité, Hospitalisation à domicile, Responsabilité sociétale et environnementale
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