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Médicaments
065 M
Médicaments potentiellement inappropriés chez la personne âgée : du constat à l’optimisation des pratiques

Sophie Pargade1, Judith LEHRER1, Afsaneh Gohari1
(1) Pharmacie, Institut Médico-chirurgical Montsouris, 42 boulevard Jourdan, 75014 Paris

Introduction : Les médicaments potentiellement inappropriés (MPI) sont à éviter chez les personnes âgées (PA) du fait de leur mauvais rapport bénéfice / risque. Ils sont souvent à l’origine de iatrogénie. Nous avons cherché à déterminer si ces médicaments figuraient dans les prescriptions des PA et à explorer les possibilités de mettre en place des stratégies visant à en réduire l’usage.
Matériel & méthode : Un audit 1 jour donné (audit d’état des lieux) a été réalisé dans les services d’hospitalisation pour évaluer la présence des MPI sur les prescriptions des PA hospitalisées. Une grille d’audit a été élaborée autour de deux volets : la recherche des 77 MPI définis par l’OMEDIT Grand Est, ainsi que l’analyse des interactions médicamenteuses susceptibles d’être délétères chez les PA. A la suite des résultats de ce 1er audit, des mesures correctives ont été proposées puis un second audit d’efficacité a été réalisé, à 6 mois de distance.
Résultats & discussion : Concernant l’état des lieux, 62% des patients hospitalisés sont des PA. Dans cette population ciblée, 95% des ordonnances de chirurgie cardio-vasculaire comportaient au moins un MPI suivi de l’urologie (93%), du digestif-thoracique (91%) puis de la chirurgie orthopédique (75%). 16 MPI différents ont été retrouvés dans ces prescriptions, notamment le néfopam (48% à 80%), le naproxène (6% à 26%), le tramadol et des benzodiazépines à pleine dose. Ont aussi été retrouvées quelques associations de benzodiazépines, d’antidépresseurs, de plus de 3 antihypertenseurs ou d’AINS associés aux anticoagulants oraux. Les antidouleurs incriminés se trouvent dans les protocoles standards des services de chirurgie de l’établissement. A la suite de ce constat, des protocoles identifiés « personnes fragiles »ont été crées pour les services de chirurgie dans lesquels les MPI antalgiques ont été remplacés. L’audit d’efficacité réalisé à distance montre cette fois-ci que 69% des patients hospitalisés sont des PA. 17 MPI ont été retrouvés mais leur présence a fortement diminué pour les services de chirurgie cardio-vasculaire (54%), urologie (25%), digestif-thoracique (77%) et la chirurgie orthopédique (62%) avec une nette diminution des antidouleurs anciennement présents dans les protocoles. En revanche, le taux des MPI a fortement augmenté pour les services de médecine (24% vs 0%) et d’oncologie (29% vs 14%). Ces MPI proviennent des traitements personnels des patients (lopéramide, amitriptyline, rilménidine…). Concernant les interactions médicamenteuses, la présence de 3 antihypertenseurs est très courante en cardiologie.
Conclusion : Conclusion : la révision des protocoles de chirurgie a permis de réduire fortement la présence des MPI sur les prescriptions. Cependant, les MPI encore prescrits sont en grande majorité issus du traitement habituel sur lequel les médecins hospitaliers ont moins impact. Pour être efficace, il faudrait que des actions de sensibilisation à l’égard des médecins de ville soient entreprises en renforçant les liens ville hôpital.
Mots-clefs : Médicament potentiellement inapproprié, Gériatrie, Analyse prescription, Audit, Amélioration de la qualité
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