Traçabilité des DMI dans le dossier patient informatisé et les comptes rendus d’hospitalisation : impact d’un audit pharmaceutique sur les secrétariats médicaux
Camille HEYRIES1, Claire FRANÇOIX DIT MIRET1, Flora MARCHANDISE1, Chloé Gouguet1, Marie-Madeleine Chaudoreille1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier d´Aix en Provence, Avenue des Tamaris, 13100 AIX EN PROVENCE
Introduction : En 2023, un audit des secrétaires rédigeant des comptes rendus après la pose d’un dispositif médical implantable (DMI) a été mené afin d’améliorer la complétude du compte rendu d’hospitalisation (CRH) remis au patient. Il faisait suite à l’audit de 100 dossiers de patients ayant reçu des DMI facturés en sus de la T2A réalisé annuellement depuis 2020. L’objectif était de suivre l’évolution de la complétude des CRH et dossiers patients informatisés (DPI) après notre intervention en 2023.
Matériel & méthode : Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique sur 100 dossiers tirés au sort en 2023 et 2024. Le tirage était proportionnel au nombre de séjours comportant un DMI remboursé en sus de la T2A par service. Nous avons vérifié, pour chaque dossier, les informations suivantes : le taux de conformité du DPI, du CRH et la transmission au patient d’un CRH complet contenant l’identification du DMI (dénomination, numéro de lot, fabricant), le nombre de DMI posés, le lieu et la date de pose, le nom du médecin, la mention d’un suivi médical spécifique, et celle d’une durée de vie du DMI.
Résultats & discussion : Le taux de conformité des données de traçabilité présentes dans le DPI est de 100% sur nos 2 années d’études. A contrario, lorsque nous nous focalisons sur les données de traçabilité présentes dans le CRH, la conformité atteint 81 % en 2023 contre 75,2 % en 2024. Toutefois, nous constatons une augmentation de la transmission au patient des documents de traçabilité figurant dans le CRH de 34 % à 46 %, ce qui semble être lié à l’audit des secrétariats effectué en 2023. La transmission des données de traçabilité au patient s’est également améliorée (41 % en 2023 vs 53 % en 2024). Le critère le moins tracé dans le DPI et le CRH reste la mention d’un suivi médical spécifique. Ce résultat s’explique par l’absence de suivi particulier pour tous les DMI et la mention d’un suivi sur l’ordonnance de sortie auquel nous n’avons pas eu accès pour cet audit. Le taux de conformité par service diminue entre autres pour l’orthopédie (89% vs 83%), la rythmologie (100% vs 65%) et la stomatologie (100% vs 50%) nécessitant de sensibiliser les nouveaux chirurgiens et IBODE aux exigences relatives aux DMI. Ces résultats peuvent s’expliquer par une répartition différente des dossiers tirés au sort avec des services peu représentés faisant chuter les scores de conformité.
Conclusion : Après analyse, la baisse du taux de conformité par service s’explique en partie par l’absence de remontée des dossiers dans le DPI (pour la coronarographie), la présence d’informations dans le compte rendu opératoire mais pas dans le CRH (chirurgie orthopédique) ou encore les dépôts temporaires avec des patients souvent sortis avant la régularisation de pose de DMI (stomatologie et chirurgie vasculaire). Néanmoins, nous avons observé une nette amélioration sur la traçabilité du lieu d’utilisation des DMI ce qui fait suite à l’audit des secrétaires. Pour 2025, nous attendons de meilleurs résultats avec l’informatisation des DMI actuellement en traçabilité manuelle, permettant une remontée automatique des données dans le DPI.
Mots-clefs : Dispositif médical implantable, Audit, Traçabilité