Espace posters 2026
Médicaments
067 M
Prévalence de consommation des médicaments ayant une recommandation pharmacogénétique actionnable au sein des différentes spécialités médicales d’un CHU

Quentin PERETTI1, Diane BLOT1, Pascal LE CORRE1
(1) Pharmacotechnie et Oncopharmacie, CHU de Rennes, 2 Rue Henri Le Guilloux, 35000 Rennes

Introduction : La pharmacogénétique (PGx) est un levier d’optimisation thérapeutique sous-exploité en milieu hospitalier et ce malgré les recommandations proposées notamment par le Clinical Pharmacogenetics Implementation Consortium (CPIC). Identifier la prévalence d’utilisation de molécules avec un levier PGx actionnable est un préalable indispensable à l’établissement d’une stratégie de génotypage pertinente applicable aux patients hospitalisés. Ce génotypage pourrait permettre de personnaliser la prise en charge thérapeutique et de limiter la iatrogénie et l´inefficacité thérapeutique. L’objectif de ce travail a été d’évaluer l’exposition aux médicaments ayant une recommandation PGx dans les différentes disciplines médicales pour proposer un panel de génotypage adapté.
Matériel & méthode : Les consommations médicamenteuses 2025 (per os et IV) ont été analysées et croisées avec les recommandations du CPIC. L´exposition aux médicaments avec levier PGx a été exprimée en doses définies journalières (DDD, OMS) et présentée par séjour et par jour d´hospitalisation afin d’établir un palmarès d’exposition par discipline, par DCI et par classe thérapeutique. Ces palmarès ont ensuite permis d’établir une base pour un panel de génotypage.
Résultats & discussion : Au CHU, 150 molécules disposent d’au moins une recommandation du CPIC dont 49 présentent un levier PGx actionnable (CPIC niveaux A, A/B & B). Parmi celles-ci, les trois les plus utilisées à l’échelle de l’établissement sont l’atorvastatine, le lansoprazole et la sertraline. L’analyse par discipline montre que l’hématologie clinique a la plus forte exposition aux médicaments PGx par séjour (11,2 DDD de médicaments PGx par séjour - Top 3 : ondansetron, atorvastatine, lansoprazole) suivie par la médecine interne et les maladies infectieuses (respectivement 9,2 & 8,6 DDD PGx/séjour – atorvastatine, lansoprazole, paroxetine). Au total, 25 gènes pour 68 recommandations PGx ont été identifiés comme sources de variabilité génétique de réponse au traitement. Ces gènes couvrent deux domaines complémentaires : la pharmacocinétique (CYP2D6/2C9/4F2, SLCO1B1, TPMT, NUDT15…) et la pharmacodynamie (HLA-B, G6PD, MT-RNR1, VKORC1…). À eux seuls, trois gènes impliqués dans la pharmacocinétique (CYP2C19, SLCO1B1 et CYP2D6) impactent 50% des molécules PGx utilisées et représentent 75% de l’exposition totale aux PGx de l’établissement. De plus, un panel de séquençage de 10 gènes (CYP2C19, SLCO1B1, CYP2D6, CYP2B6, CYP3A5, HPRT1, CYP2C9, HLA-B, POLG & CYP4F2) permettrait de couvrir 95% des DDD des médicaments PGx de l’établissement et 80% des molécules retenues.
Conclusion : Cette analyse montre la dimension globale de l’exposition aux médicaments PGx. Un panel de séquençage adapté au livret thérapeutique et aux pratiques de prescription pourrait permettre d’optimiser et de personnaliser la prise en charge des patients pour plus de sécurité et d’efficacité thérapeutique.
Mots-clefs : Adaptation posologique, Recommandations de pratiques cliniques, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse
Partager sur Partager sur