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Pratique professionnelle
186 PP
Pratiques de réattribution des chimiothérapies injectables non administrées en pharmacie hospitalière : état des lieux multicentrique et perspectives d’harmonisation

Olivia GAUTIER1, Meryam Jardin1, Hail Aboudagga1, Sandra CAMPS1, Caroline Galetto1, Christelle Cousin2, Pascale Brouard2, Chloé Gossery3, Florian Slimano3, Julien Duquesne4, Sandra Ruitort4, André Rieutord5, Laetitia Le6, Emma Pinet6, Marie-Alix Marchal7, Maxime Apparuit7, Marthe Rigal7, Pascal PAUBEL8, Sophie RENET1
(1) Pharmacie, Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph , 185 rue raymond losserand , 75014 Paris
(2) Pharmacie, CHU Caremeau , 4 Rue du Professeur Robert Debré, 30900 Nîmes
(3) Pharmacie, CHU Reims Hôpital Robert Debré , Rue du Général Koenig, 51100 Reims
(4) Pharmacie, CHU Nice - Hôpital Archet 2, 151, route Saint-Antoine de Ginestière, 06202 Nice
(5) Pharmacie, Gustave Roussy, 114 Rue Edouard Vaillant, 94800 Villejuif
(6) Pharmacie, Hôpital européen Georges Pompidou (AP-HP) , 20 Rue Leblanc, 75015 Paris
(7) Pharmacie, Hôpitaux universitaires Paris Seine Saint-Denis (AP-HP) - Avicenne , 125 Rue de Stalingrad, 93000 Bobigny
(8) Faculté de Pharmacie Paris Cité, AGEPS, 7 Rue du Fer à Moulin, 75005 Paris

Introduction : Dans un contexte de pénuries et de forte contrainte budgétaire et organisationnelle, l’annulation ou le report de l’administration des préparations de chimiothérapies injectables (PCI) a un impact non négligeable. La réattribution des PCI annulées constitue un levier important d’optimisation des ressources, mais s’inscrit dans un circuit à risques nécessitant une maîtrise rigoureuse conformément aux exigences de la certification 2025 de la Haute autorité de santé (HAS) (critères 2.2-05 et 06). En l’absence de règles précises sur les critères de réattribution, cette étude multicentrique vise à dresser un état des lieux des pratiques de réattribution au sein de sept établissements français membres du groupe « Bulle verte » disposant d’une unité centralisée de préparation.
Matériel & méthode : Une enquête descriptive multicentrique a été menée dans sept établissements de santé (1 ESPIC, 1 CLCC, 5 CHU). Les données recueillies sur l’année 2023 concernaient les volumes d’activité, les types de PCI (nominatives, standards), les critères d’éligibilité à la réattribution, les durées de conservation, les outils de traçabilité et les indicateurs de suivi.
Résultats & discussion : L’activité annuelle variait de 22 149 à 80 000 PCI selon les centres. La proportion de PCI retournées représentait 0,88 % à 4,25 % de l’activité totale (326 à 3400 PCI/an). Le taux de réattribution variait d’environ 15 % à plus de 50 %, correspondant à 0,1 % à 4,5 % de l’ensemble des PCI annuelles. Les critères d’éligibilité reposaient majoritairement sur une tolérance de ± 5 % de la dose, avec une réattribution à un autre patient (préparations standards, nominatives ou dose fixe). Deux centres limitaient la réattribution de produits non coûteux et non standardisés au même patient, strictement à la même dose. Les durées de conservation appliquées variaient de 7 jours post fabrication jusqu’à la date de péremption. Les modalités de réattribution allaient du simple ré-étiquetage sur paillasse ou en isolateur. Les outils de traçabilité étaient hétérogènes : Chimio® version 6, suivi papier ou fichier Excel®. Le suivi d’indicateurs restait inconstant et principalement centré sur les volumes, les molécules, les dosages, les motifs de retour et le coût associé. Cette étude met en évidence une forte hétérogénéité des pratiques de réattribution des PCI entre établissements, tant sur les critères d’éligibilité que sur les modalités organisationnelles et de traçabilité. Des principes communs émergent néanmoins, notamment la priorisation des médicaments coûteux , principalement à doses fixes, et la volonté de limiter les retours. La mise en place de doses standards ou le déploiement de la version 6 du logiciel Chimio® représentent des perspectives d’amélioration du circuit de réattribution.
Conclusion : L’absence d’harmonisation nationale souligne la nécessité d’élaborer des recommandations communes afin de sécuriser, optimiser le processus et améliorer la maîtrise des coûts.
Mots-clefs : Préparations hospitalières, Amélioration de la qualité, Bonnes pratiques de préparation, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse
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