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Pharmacie clinique
114 PC
Tirzépatide en pratique réelle : bénéfices d’une initiation en hôpital de jour pluridisciplinaire sur l’efficacité du traitement

Margot BOURDON1, Emma LARRIEU1, Solange LAO1, Odile Le Mouel1, Marina REBROIN2
(1) Pharmacie, Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne-sur-Mer, 54 Rue Henri Sainte-Claire Deville, 83100 TOULON
(2) OMéDIT PACA-CORSE, Agence Régionale de Santé PACA, 132 Boulevard de PARIS 13003 MARSEILLE, 13003 MARSEILLE

Introduction : L’efficacité du tirzépatide sur la perte pondérale est aujourd’hui bien établie1. Toutefois, son extrapolation à la pratique courante reste limitée, en raison de populations d’essais sélectionnées et d’un suivi plus encadré que dans les conditions réelles, où l’adhésion au traitement est plus hétérogène. Dans ce contexte, ce travail vise à décrire les pratiques d’initiation du tirzépatide et le suivi des patients en région PACA, et ainsi évaluer l’intérêt d’une prise en charge en hôpital de jour pluridisciplinaire (HDJ-p).
Matériel & méthode : Ce travail repose sur deux approches complémentaires : - Une enquête observationnelle, descriptive, menée du 02/12/2025 au 29/01/2026, portant sur les pratiques hospitalières d’initiation du tirzépatide chez les patients en surpoids (27 < IMC < 30 kg/m2) avec comorbidité liée au poids ou en situation d’obésité (IMC ≥ 30 kg/m2). Les données ont été recueillies via un questionnaire Microsoft Forms®, validé par un endocrinologue, et diffusé par l’OMéDIT PACA-Corse auprès des établissements de santé (ES) de la région - Une analyse rétrospective, monocentrique, menée du 01/07/2025 au 31/09/2025, incluant les patients initiés au tirzépatide dans un service d’endocrinologie, avec un suivi jusqu’à 3 mois, réalisé par appel téléphonique.
Résultats & discussion : Parmi les 42 ES répondants, seuls 7 (17%) proposaient des SEC à l’initiation. Les professionnels impliqués dans ces HDJ-p étaient principalement un diététicien (100 %), un endocrinologue (57 %) et un pharmacien (43%). Les contenus des SEC portaient sur les MHD (57 %) et le bon usage du stylo d’injection (43 %). Dans le centre hospitalier étudié, le pharmacien aborde systématiquement les thèmes précédant ainsi que les thèmes suivants : rappel posologique, bénéfices attendus (sensation de satiété, réduction de l’appétit), effets indésirables les plus fréquents, modalités de suivi (poids et tour de taille). Parmi les ES à l’initiation, 24 % des patients pratiquaient une activité physique et 29 % déclaraient une alimentation saine. Parmi les 4 ES assurant un suivi, 73 % des patients mettaient en place des MHD. Par comparaison dans le centre hospitalier étudié, 17 patients ont été initiés en HDJ-p ; 60% pratiquaient une activité physique et 45% déclaraient une alimentation équilibrée à l’inclusion. A 3 mois, la perte pondérale moyenne était de 10,4 ± 1,9 kg, avec une diminution de l’IMC de 3,4 ± 0,7 kg/m² et une adoption de MHD pour 100% des patients. Le suivi permet également la détection des effets indésirables principalement d’ordre digestifs (73 %) et asthénique (36 %). Parmi les ES ne proposant pas ces séances, les principaux freins étaient le manque de temps (54 %) et les contraintes administratives (27 %) et logistiques (22 %).
Conclusion : L’association de SEC et d’un suivi rapproché semble favoriser l’adhésion aux MHD, contribuant ainsi à optimiser l’efficacité du traitement en conditions réelles. Le développement de parcours structurés en HDJ-p apparait comme une stratégie pertinente, sous réserve de lever les contraintes organisationnelles identifiées.
Mots-clefs : Pharmacie clinique, Evaluation des pratiques professionnelles (EPP), Entretien pharmaceutique
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