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068 M
Audit des prescriptions d´antibiothérapie en chirurgie : les prescriptions sont-elles conformes aux recommandations de bon usage ?

Emilie ROLLAND1, Léa LAMIAUX1, Clara GOULAS1, Naomi SAYRE2, Xavier DEVIOT1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier de Saint Denis, 2 rue du Docteur Delafontaine, 93200 Saint-Denis
(2) EMA, Centre Hospitalier de Saint Denis, 2 rue du Docteur Delafontaine, 93200 Saint-Denis

Introduction : Dans le cadre de son activité clinique, l’équipe mobile d’antibiothérapie (EMA) a identifié des points de vigilance concernant les prescriptions d’antibiothérapie dans les services de chirurgie d’un centre hospitalier général. L’objectif est d’évaluer la pertinence et la conformité de ces prescriptions au bon usage des antibiotiques (BUA) et caractériser la nature de ces points de vigilance, afin d’apporter des solutions adaptées.
Matériel & méthode : Il s’agit d’une étude observationnelle, prospective, monocentrique, dans laquelle ont été inclus tous les patients ayant une prescription d’antibiothérapie systémique curative durant leur hospitalisation dans un des services de chirurgie de l’établissement, entre le 15 novembre et le 15 décembre 2025. Les éléments recueillis étaient : - L’indication et le type d’infection traitée, - La conformité de la durée de traitement vis-à-vis de l’indication et des recommandations HAS/SPILF 2024 et sinon, la justification des écarts aux référentiels, - La réévaluation à 48–72 heures, - Le suivi de l’avis de l’EMA si sollicité.
Résultats & discussion : Au total, 33 prescriptions ont été analysées, dont la moitié issue de la chirurgie viscérale. Les infections traitées sont essentiellement des infections digestives (10/33) et urinaires (9/33). L’indication de l’antibiothérapie n’est pas retrouvée dans 20% (7/33) des prescriptions. Concernant la durée de traitement, seulement 18% (6/33) des prescriptions sont strictement conformes aux référentiels HAS/SPILF. Parmi celles non conformes, aucune justification n’est retrouvée pour deux tiers (17/33) des prescriptions. Une justification est apportée pour 10 prescriptions sur 33 : par l’avis de l’EMA dans la majorité des cas (6/10) et par une justification tracée dans le dossier patient par les chirurgiens dans 4 cas sur 10. On observe, en moyenne, une prolongation des prescriptions de 4 jours par rapport aux référentiels. Concernant la réévaluation de l’antibiothérapie à 48-72h, 52% (17/33) des prescriptions sont réévaluées dans ces délais, dont un quart (8/33) des dossiers par l’intervention de l’EMA. L’avis de l’EMA est demandé dans près d’un tiers des cas (9/33) essentiellement pour des infections urinaires (6/9). Cet avis n’est suivi que dans la moitié des situations (4/9) : soit parce que la durée n’est pas respectée, soit par l’initiation d’une antibiothérapie jugée non indiquée par l’EMA. Ces résultats ont été présentés par l’EMA aux services de chirurgie. On observe que les non conformités aux recommandations de BUA sont en partie dues à une absence de traçabilité rigoureuse concernant la durée de traitement et la réévaluation des antibiotiques.
Conclusion : Les pistes d’amélioration envisagées sont : - Le rappel et la présentation aux chirurgiens des protocoles d’établissement déjà existants, actualisés ensemble de manière régulière. - La mise en place de visites hebdomadaires conjointes infectiologue–interne de pharmacie dans les services de chirurgie. Un nouvel audit, à un an, permettra de mesurer l’impact de ces actions sur l’amélioration des pratiques.
Mots-clefs : Antibiothérapie, Analyse prescription, Audit
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