Mise à jour du kit de décontamination cytotoxique en Unité de Reconstitution Centralisée des Cytotoxiques (URCC) et sensibilisation des différents professionnels de la pharmacie à son utilisation.
Inês RAVEL1, Arianne BORIASSE1, Sophie SCHMIDLIN1, Corinne CHAUVET1
(1) Service pharmacie, Groupement Hospitalier Portes de Provence , Quartier beausseret, 26216 Montélimar
Introduction : Les médicaments anticancéreux génèrent un risque d’exposition cytotoxique pour les professionnels à chacune des étapes du circuit (réception, manipulation, livraison...), notamment en cas de bris de flacon pouvant entraîner une contamination de l’environnement. Des kits de décontamination d’urgence permettent une prise en charge rapide et sécurisée de ces situations. En 2025, au sein de la PUI( Pharmacie à Usage Intérieur) de l’hôpital de Montélimar, deux situations d’exposition survenues lors de la réception ont conduit à un état des lieux réalisé sous forme de questionnaire. Celui-ci a pu montrer des limites quant à la connaissance du kit et sa bonne utilisation.
L’objectif est de mettre à jour le contenu du kit et la documentation qualité associée ; puis de former au bon usage de celui-ci et d’évaluer l’impact de ces actions.
Matériel & méthode : La composition du kit a été revu par l’interne en pharmacie à partir de recherches bibliographiques ainsi qu’une mise à jour de la documentation qualité. Une action de sensibilisation a été organisée à l’ensemble de la PUI (Préparateur en pharmacie, pharmacien, magasinier) sous la forme d’une présentation orale et d’une vidéo illustrant la gestion d’un tel incident puis discutée avec les participants. Un questionnaire identique à celui utilisé lors de l’évaluation initiale a permis d’évaluer les connaissances des professionnels 3 semaines après la sensibilisation.
Résultats & discussion : Le nombre de kits est passé de deux à trois, avec l’ajout d’un kit en URCC pour couvrir une zone initialement non sécurisée. La composition a été adapté notamment par l’ajout d’un agent gélifiant pour les liquides.
21 professionnels ont répondu au questionnaire (vs 26 en 2025). En 2025, 27 % du personnel avait suivi une sensibilisation versus 90% en 2026. Lors de l’évaluation initiale, seuls 19 % des professionnels déclaraient connaître la procédure à appliquer et 81% connaissaient partiellement la composition du kit. Après l’intervention, 100 % des professionnels interrogés déclarent connaître l’existence du kit de décontamination, leur nombre au sein de la PUI, leur localisation, la composition ainsi que la procédure à suivre. L’ensemble des professionnels se juge désormais capable de réagir en cas d’exposition.
Conclusion : Cette action de sensibilisation a permis d’améliorer les connaissances des professionnels concernant la gestion d’un bris de flacon cytotoxique et de renforcer la sécurité des pratiques à la pharmacie. Celle-ci se doit d’être renouvelée annuellement.
Dans une démarche d’amélioration continue, ce travail doit être étendue aux infirmiers des services administrant des chimiothérapies ainsi qu’aux logisticiens les transportant dans les services.
Mots-clefs : Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Chimiothérapie, Plan de gestion des risques