Médicaments à risque : former, évaluer, progresser ensemble
Alix POURRAT1, Aurélie FERAL1, Tess LEGOUPIL1, Eva CHOULET1, Illhame BENKEMOUCHE1, Jean-Luc PONS1
(1) PUI, Hôpital Victor Dupouy, 69, rue du Lieutenant Colonel Prudhon, 95100 Argenteuil
Introduction : Les médicaments à risque (MAR) peuvent, en cas d’erreur, entraîner des conséquences graves pour le patient, pouvant aller jusqu’au décès. Leur maîtrise par les professionnels de santé est essentielle pour sécuriser le circuit du médicament, le manuel de certification de la Haute Autorité de Santé (HAS, version 2020) en faisant un critère impératif. Dans ce contexte, et dans le cadre de la préparation à la visite de certification prévue dans notre établissement en juin 2025, la formation apparaît comme un outil essentiel pour améliorer la sécurité des pratiques.
Matériel & méthode : Une formation d’1h30 a été mise en place pour les professionnels du centre hospitalier, avec une diffusion assurée par le service de formation continue. Les sessions étaient animées par l’équipe de la PUI (pharmaciens, cadre et internes). Elles comprenaient un questionnaire en ligne pré- et post-formation (12 et 22 questions respectivement), une partie théorique sur les MAR et la remise à l’issue de la formation d’une plaquette sur les MAR. Des formats plus courts ont également été proposés à l’occasion de commissions, avec un questionnaire unique suivi d’une correction.
Résultats & discussion : Au total, 513 professionnels ont été formés : 385 lors des sessions complètes avec évaluation avant/après et 128 lors des formats courts. Le personnel médical et non médical a participé aux formations, majoritairement des infirmiers, dont les infirmiers de l’IFSI, mais aussi des aides-soignants, médecins, personnels administratifs et le personnel de la PUI.
La précision moyenne aux questionnaires est passée de 62,5 % avant formation à 81 % après, ce qui correspond à une augmentation de +18,5 points. Cette amélioration a été observée dans l’ensemble des sessions, avec des progressions individuelles comprises entre +12 et +25 points. Elle était statistiquement significative (t-test apparié, p < 0,001). Les participants avec un niveau initial élevé ont également progressé, suggérant un bénéfice pédagogique quel que soit le niveau initial.
Concernant les interventions plus courtes, la précision observée variait entre 55 % et 63 %, comparable aux scores pré-formation des sessions complètes. Bien que ces groupes n’aient pas été évalués après formation, leur niveau initial similaire suggère que ces sessions courtes pourraient également permettre un gain comparable et avoir un intérêt pédagogique, tout en permettant d’atteindre un public plus large.
Conclusion : Ces résultats révèlent un niveau de connaissance initial hétérogène mais perfectible parmi les professionnels exposés aux MAR. Ils confirment l’intérêt de dispositifs de formation ciblés, organisés en lien étroit entre la PUI et les services de soins, pour renforcer la sécurisation des pratiques et améliorer la maîtrise des médicaments à risque. Pour maintenir et consolider ce niveau de compétence, ces actions ont été pérennisées et sont désormais organisées chaque année, afin de toucher régulièrement un maximum de professionnels.
Mots-clefs : Certification, Développement professionnel continu (DPC), Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse