Espace posters 2026
Pharmacie clinique
119 PC
Vidal Sentinel pour favoriser le relais IV/PO : intérêt et évaluation médico-économique

Sirine GHODBANE1, Jonathan PHANITHAVONG1, Rémy TORDJEMAN1, Sandra CAMPS1, Cédric CHANAT1
(1) Pharmacie clinique, Hôpital Saint-joseph , 185 Rue Raymond Losserand , 75014 Paris

Introduction : Le relais de la voie intraveineuse (IV) vers la voie per os (PO) constitue un enjeu majeur en pratique hospitalière. Il permet de réduire le risque infectieux, d’optimiser le temps infirmier, de diminuer les coûts et l’impact environnemental. Toutefois, en pratique, certains médicaments sont quand même prescrits en IV alors qu’un relais PO est possible et souhaitable. Dans ce contexte, le Système d’Aide à la Décision Pharmaceutique Vidal Sentinel®(VS), grâce à des algorithmes dédiés, pourrait aider à la détection des patients ayant une prescription IV potentiellement éligible à un relais PO. L’objectif du travail est d’évaluer la pertinence de cet outil en mesurant sa Valeur Prédictive Positive (VPP) dans l’identification de situations éligibles au relais après intervention pharmaceutique (IP).
Matériel & méthode : Le recueil des données est réalisé de manière prospective sur 24 jours sur tous les patients ayant une prescription analysée par VS. Les patients sont inclus selon l’algorithme : « prescription d’un, deux ou trois médicaments PO » ET « prescription d’un médicament IV » (parmi une liste de 10 médicaments ciblés). Chaque alerte est analysée par un pharmacien afin d’identifier le rationnel de la double prescription IV/PO (patient à jeun, trouble déglutition…). Pour chaque patient, une IP est réalisée par appel du prescripteur afin de recueillir son avis sur le relais. L’acceptabilité est définie par le relais effectif IV/PO. Pour les cas acceptés, le nombre d’unités injectables épargnées ainsi que les coûts associés économisés sont calculés.
Résultats & discussion : L’étude a inclus 115 patients, identifiés par l’algorithme VS ; 5 ont été exclus en raison de l’impossibilité de joindre le prescripteur. L’âge moyen est de 65 ans avec un sex ratio F/H de 40/60. Les médicaments les plus concernés sont le paracétamol, le métronidazole, le pantoprazole, le phloroglucinol et le linézolide. Donc 110 IP ont été réalisées et 40 % ont été acceptées par le prescripteur soit une VPP de l’outil VS à 0,4 (valeurs similaires entre les sous-groupes définis par le nombre de médicaments PO). Cette valeur montre une pertinence moyenne en raison du nombre de faux positifs mais il n’y a pas d’impact du nombre de médicaments PO identifiés par patient. Les principales causes de non-relais sont le jeûne préopératoire (31%), le sepsis (22 %), les vomissements (16 %), les troubles de la déglutition (14 %). Ces refus de conversion sont donc justifiés cliniquement. Les relais IV/PO effectués ont permis d’éviter 336 unités injectables, correspondant à une économie estimée à 708 euros sur 24 jours. Ces résultats montrent un impact économique et organisationnel non négligeable.
Conclusion : En conclusion, VS permet d’identifier des opportunités de relais IV/PO mais l’outil doit être optimisé et associé à une supervision pharmaceutique pour favoriser l’évolution des pratiques. En intégrant ces améliorations, l’outil pourrait renforcer la pertinence des alertes, limiter les faux positifs et optimiser la prise en charge des patients. Pour compléter ce projet, il serait intéressant d’évaluer le bénéfice écologique de ce relais.
Mots-clefs : Evaluation médico-économique, Pharmacie clinique, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Développement durable, Evaluation des pratiques professionnelles (EPP)
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