INTERET DE LA REEVALUATION DES TRAITEMENTS PAR LE PHARMACIEN DANS UN HOPITAL DE PROXIMITE : DEPRESCRIPTION ET ENTRETIENS CIBLES SUR LES INHIBITEURS DE LA POMPE A PROTONS
Estelle PIANAZZA1, Hélène Laubacher1, Pierre-yves LAIR1, Benjamin MORLET1
(1) service pharmacie , établissement de santé Baugeois Vallée, 9 chemin de Rancan, 49150 Baugé-en-Anjou
Introduction : Suite à la diffusion d’un communiqué en 2020 indiquant qu’un quart de la population française était traitée par inhibiteur de la pompe à protons (IPP) avec une consommation qui augmentait rapidement, la HAS a diffusé une fiche de bon usage des IPP pour inciter à leur réévaluation et déprescription. Le suivi de ces prescriptions fait aussi l’objet d’un indicateur du CAQES. Dans ce contexte, un travail sur la déprescription des IPP a été mené afin de réduire la iatrogénie (risque d’hypomagnésémie et d’ostéoporose chez des patients âgés) associée à cette classe médicamenteuse.
Matériel & méthode : L’hôpital comprend 68 lits répartis sur 3 services de médecine et soins médicaux de réadaptation (SMR). L’étude inclut les patients admis entre le 1er mars et le 31 juillet 2025, traités par IPP à l’entrée ou initiés en cours d’hospitalisation. Les réévaluations de prescriptions sont réalisées selon l’algorithme de Farrell et la fiche de bon usage des IPP de la HAS, lors de bilans de médication. En parallèle, des entretiens ciblés ont été menés chez les patients pour lesquels un retour à domicile était envisagé et qui ne présentaient a priori ni troubles cognitifs ni difficultés de communication.
Résultats & discussion : Au cours de la période, 230 patients avec un âge moyen de 83.8 ans sont admis en médecine/SMR à l’ESBV. Parmi eux, 68 (29.6%) avaient une prescription d´IPP à l’entrée, et 13 ont débuté un traitement pendant l´hospitalisation. 29 interventions pharmaceutiques (IP) sont réalisées (35.9% des patients sous IPP), portant sur des prescriptions non conformes (dose et/ou durée non conforme) dans 15 cas ou sans indication évidente dans 14 cas. Les médecins ont accepté 15 interventions : réduction de dose dans 7 cas (passage en dose préventive en l’absence d’indication curative), arrêt du traitement dans 7 cas (2 de manière progressive), et passage en « si besoin » dans 1 cas. 22 entretiens ont eu lieu, dont 4 patients connaissaient le nom de leur IPP, 10 son indication et 7 sa durée.
Conclusion : A l’ESBV, la réévaluation des prescriptions par les médecins est intégrée au parcours du patient du fait d’hospitalisations longues de 3 à 6 semaines. Les IP réalisées avec ce projet ont renforcé le processus de réévaluation médical déjà existant. Les entretiens ont permis de mieux comprendre les connaissances des patients sur leurs traitements, bien que la compréhension soit limitée, notamment en raison de leur âge avancé et des séjours hospitaliers longs. Suite à ce travail une réévaluation systématique des IPP est prévue lors de la conciliation médicamenteuse d’entrée. La transmission des informations pourrait aussi être améliorée en réalisant les entretiens dans un cadre plus structuré, un projet d’hôpital de jour est actuellement porté par l’établissement.
Mots-clefs : Pharmacie clinique, Analyse prescription, Intervention pharmaceutique, Bilan médicamenteux optimisé, Entretien pharmaceutique