Espace posters 2026
Médicaments
069 M
Analyse descriptive transversale de l’utilisation de la dexmédétomidine par voie intra-nasale en pédiatrie

Louise LARDEUX1, Zélia ORSINI1, Myriam Landier2, Sonia Mitreski1, Stéphanie Provôt1
(1) Pharmacie à Usage Intérieur, CHRU Tours - Hôpital pédiatrique Clocheville, 49 Bd Béranger, 37044 TOURS
(2) Urgences pédiatriques, CHRU Tours - Hôpital pédiatrique Clocheville, 49 Bd Béranger, 37044 TOURS

Introduction : La dexmédétomidine (Dexdor®), agoniste α2-adrénergique, est autorisée chez l’adulte pour la sédation en soins intensifs. En pédiatrie, son utilisation comme sédatif et anxiolytique à la dose de 2µg/kg par voie intra-nasale (IN) reste hors autorisation de mise sur le marché (AMM). Plusieurs centres hospitaliers, notamment les Hôpitaux Universitaires de Genève, rapportent son emploi pour la sédation procédurale, la prévention de l’agitation ou l’induction du sommeil, en raison d’un profil hémodynamique et respiratoire favorable comparativement aux benzodiazépines. La voie intranasale est utilisée en vue d´une action systémique rapide. Les données décrivant son utilisation en pratique courante pédiatrique demeurent limitées. L’objectif est de décrire les modalités d’utilisation de la dexmédétomidine IN en pédiatrie dans un centre hospitalier universitaire.
Matériel & méthode : Étude descriptive rétrospective menée du 1er janvier au 30 novembre 2025. Les patients ayant reçu au moins une administration ont été identifiés par extraction via Excel® (Microsoft Corporation, Redmond, WA, États-Unis) à partir des prescriptions informatisées. Les dossiers ont été analysés dans le Dossier Patient Partagé (DPP) selon les caractéristiques démographiques, le service prescripteur, le contexte d’administration, la nécessité d’intubation, les co-prescriptions, l’effet recherché et l’efficacité rapportée. Chaque administration constituait une unité d’analyse.
Résultats & discussion : Soixante-neuf patients (58% garçons, 42% filles) ont été traité, correspondant à 83 administrations. L’âge moyen était de 7,7 ans (0;19) et la durée moyenne d’hospitalisation de 4,3 jours (0;71). Les principaux services prescripteurs étaient la neurologie pédiatrique (38%), les urgences pédiatriques (17%) et la chirurgie (15%). Dans 94 % des cas, il s’agissait d’une administration unique. Un intubation a été nécessaire, dans 1% des cas. Lorsqu’il était précisé, l’effet recherché concernait le sommeil (7 %), une sédation légère (5 %) ou le « calme » (4 %). Des co-prescriptions étaient associées dans 43 % des cas (MEOPA®, midazolam, hydroxyzine), absentes dans 24 % et non renseignées dans 33 %. L’efficacité n’était documentée que dans 33 % des analyses (n = 27) : 63% rapportaient une efficacité élevée (9/10), 22% notaient 0/10 ; les autres scores étaient ≤ 4/10. L’utilisation hors AMM de la dexmédétomidine en pédiatrie tend à se développer et varie selon les services. Un protocole d’utilisation, en application depuis mars 2025 aux urgences, peut servir de support. Lorsque l’efficacité est rapportée, elle semble majoritairement satisfaisante, avec un faible recours à l’intubation. Toutefois, l’indication et l’effet recherché sont rarement documentés, ce qui limite l’interprétation des résultats.
Conclusion : Ces données suggèrent une intégration progressive de la dexmédétomidine dans les pratiques pédiatriques. Elles soulignent la nécessité de mieux encadrer et tracer son utilisation afin de garantir la pertinence des prescriptions et la sécurité des patients, surtout dans un contexte d’utilisation hors AMM.
Mots-clefs : Prescription hors AMM, Analyse prescription, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse
Partager sur Partager sur