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070 M
Audit des prescriptions d’antibiothérapie en chirurgie : quel impact pour les interventions pharmaceutiques ?

Emilie ROLLAND1, Léa LAMIAUX1, Clara GOULAS1, Naomi SAYRE2, Xavier DEVIOT1
(1) Pharmacie, Centre Hospitalier de Saint Denis, 2 rue du Docteur Delafontaine, 93200 Saint-Denis
(2) EMA, Centre Hospitalier de Saint Denis, 2 rue du Docteur Delafontaine, 93200 Saint-Denis

Introduction : Dans le cadre de son activité clinique, l’équipe mobile d’antibiothérapie (EMA) a identifié des points de vigilance concernant les prescriptions d’antibiothérapie dans les services de chirurgie d’un centre hospitalier général. Un audit a été mené pour évaluer la pertinence et la conformité au bon usage des antibiotiques (BUA) et caractériser la nature des points de vigilance, afin d’apporter des solutions adaptées. Une sous partie de cet audit s’est concentré sur l’impact des interventions pharmaceutiques (IP). Les objectifs sont de quantifier, caractériser et coter l’impact des IP afin de préciser les modalités d’accompagnement de l’équipe pharmaceutique (EP) aux chirurgiens pour améliorer le BUA.
Matériel & méthode : Il s’agit d’une étude observationnelle, prospective, monocentrique, dans laquelle ont été inclus tous les patients ayant une prescription d’antibiothérapie systémique curative durant leur hospitalisation dans les différents services de chirurgie de l’établissement du 15 novembre au 15 décembre 2025. Une extraction quotidienne des IP a été faite, puis en se basant sur la fiche d’IP élaborée par la société française de pharmacie clinique (SFPC) : un problème et une intervention ont été attribués à chaque IP. Un binôme d’évaluateurs (un interne et un pharmacien) a coté en aveugle l’impact clinique, économique et organisationnel des IP en s’appuyant sur l’échelle CLEO de la SFPC. Une troisième évaluation par un autre pharmacien a été réalisée en cas de divergence.
Résultats & discussion : Au total, 97 IP ont été recensées pour 33 prescriptions analysées, soit en moyenne 3 IP par prescription (97/33). Les problèmes relevés sont à 60% (59/97), une prescription non conforme par manque de clarté sur les modalités d’administration, cotés en impact clinique moyen. Plus de 20% des IP (21/97) concernent des problèmes de posologie, dont 23% (5/21) pour lesquels, faute de posologie adaptée, un risque d’inefficacité thérapeutique a conduit à les coter en impact clinique majeur. 57 % (12/21) de ces IP portent sur l’absence de date de fin de traitement conduisant à un allongement de la durée d’antibiothérapie de 4 jours en moyenne, toutes cotées avec un impact clinique moyen. 11% (11/97) des IP sont formulées pour prescription d’antibiotique non justifiée, dont 9/11 sont cotées en impact clinique moyen. L’impact organisationnel de toutes les IP était favorable. L’impact économique permet de réduire le coût de la prise en charge dans 30% des cas (33/97). Ces résultats ont été présentés par l’EMA aux services de chirurgie et un questionnaire sur les besoins des chirurgiens en termes d’accompagnement pharmaceutique est en cours de diffusion.
Conclusion : Les pistes d’amélioration envisagées : - La rediffusion aux chirurgiens des protocoles anti-infectieux d’établissement, - Le paramétrage des modalités d’administration sur le logiciel d’aide à la prescription (LAP), - Le paramétrage d’un formulaire d’aide à la prescription dans le LAP qui en fonction de l’antibiotique prescrit et de l’indication renseignée indique les recommandations de BUA correspondantes.
Mots-clefs : Antibiothérapie, Analyse prescription, Audit, Intervention pharmaceutique
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