Espace posters 2026
Responsabilité sociétale et environnementale
224 RSE
Impact des interventions pharmaceutiques concernant la voie d’administration d’un médicament sur l’empreinte environnementale

Marion ZELANTI1, Malissone VIARASAKD1, Philippe BENOIT1
(1) Pharmacie clinique, Hôpital Robert Debré, Av. du Général Koenig, 51092 REIMS CEDEX

Introduction : En milieu hospitalier, le choix d’administration de certains médicaments, par voie intraveineuse (IV) ou voie orale (PO) influence l’empreinte carbone et les coûts. Prendre en compte ces enjeux, sans remettre en cause l’efficacité thérapeutique, permet d’optimiser la prise en charge des patients en participant à une démarche de développement durable et de maîtrise des dépenses. L´objectif était de proposer une analyse des impacts environnementaux et économiques des interventions pharmaceutiques (IP) liés aux modes d’administration des médicaments d’un service hospitalier.
Matériel & méthode : Cette étude prospective, menée du 1er janvier au 20 mars 2026, évalue l’impact des méthodes d’administration des médicaments par voie IV ou PO dans un service de maladies respiratoires. Elle s’appuie sur une collecte des IP sélectionnées pendant cette période, intégrant à la fois les médicaments et les dispositifs médicaux associés. L’empreinte carbone de chaque modalité d’administration a été estimée à partir de la base de données Ecovamed® pour les médicaments. Pour les dispositifs médicaux nous avons considéré le cycle de vie simplifiée.
Résultats & discussion : Durant cette étude, 28 IP ont concerné un changement de voie d’administration. 31 jours d’hospitalisation ont été impactés par ce changement de voie. L’ensemble des IP acceptées a permis d’économiser au total 61 kgCO2eq et 20,9 euros sur les 79 jours analysés. Sur les 28 IP, la classe médicamenteuse la plus représentée, selon la classification ATC était la neurologie, avec 67,9 %, suivie du système digestif (17,9%) et des anti-infectieux (14,2%). Le médicament qui a représenté le plus d´IP sur cette période était le paracétamol (61%), suivi du pantoprazole (11%) et de la spiramycine (7%). Pour les médicaments étudiés, la voie IV et PO présentent une efficacité thérapeutique équivalente. En effet, la voie orale peut présenter des avantages. Elle réduit le risque infectieux lié au cathéter, améliore le confort du patient et diminue fortement l’empreinte écologique, notamment en limitant la production de déchets médicaux.
Conclusion : L’organisation des soins est également améliorée avec une réduction du temps infirmier consacré à l’administration. Ainsi, en l’absence de contre-indication, la voie orale doit être privilégiée dès que possible dans une logique de soins durables et centrée sur le patient. Cette approche s’inscrit pleinement dans les enjeux actuels de la pharmacie hospitalière. Elle allie qualité des soins, sécurité et responsabilité environnementale. Cette réflexion invite à poursuivre les efforts de formation et de sensibilisation des équipes soignantes afin d’adopter de bonnes pratiques dans le quotidien des pratiques hospitalières. Les IP jouent ainsi un rôle majeur dans la prise en charge des patients mais aussi dans l´éco-prescription. La proposition d’outil d’aide à la prescription constitue également une piste à explorer.
Mots-clefs : Responsabilité sociétale et environnementale, Pharmacie clinique, Analyse prescription, Intervention pharmaceutique
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