Élaboration d’indicateurs qualité au sein d’un service de rétrocession : bilan de deux ans d’expérimentation
Aurélie BARDEL1, Sarah EL BOURY1, Margaux MARINO1, Bénédicte Chavent1, Sophie Hyvert1, Damien Salmon1, Claude DUSSART1, Emmanuelle Carré1
(1) Pharmacie, Pharmacie Centrale des Hospices Civils de Lyon, 57, Rue Francisque Darcieux, 69230 Saint Genis Laval
Introduction : Le fonctionnement de notre rétrocession comprend 2 circuits : la dispensation directe et la dispensation différée (préparation anticipée) au patient ou au prestataire de soins à domicile (PSAD). L’importance de l’activité (50-60 patients/jour) ne permet pas l’enregistrement des interventions pharmaceutiques (IP) et des non-conformités (NC) réglementaires quotidiennement. Ainsi, des indicateurs qualité (IQ) ont été développés pour encadrer cette activité conformément aux exigences de la démarche qualité hospitalière. L´objectif est d´évaluer la pertinence, la faisabilité et la pérennité du suivi d’IQ dédiés à la rétrocession.
Matériel & méthode : Trois IQ ont été définis : (i) satisfaction patient, (ii) IP et (iii) NC réglementaires. Sur 2024 et 2025, la satisfaction a été mesurée sur 1 mois par un questionnaire anonymisé. Les IP et NC ont été recensées lors d’une auto-évaluation de 3 semaines couvrant l’ensemble des sous-processus (e.g. recueil et analyse de l’ordonnance, dispensation, etc.). En 2025, les auto-évaluations ont été étendues à la dispensation différée.
Résultats & discussion : L’analyse de la satisfaction patient a montré une satisfaction de 75% (n=160) versus (VS) 82% (n=113), en 2024 et 2025, respectivement. Sur 732 VS 995 ordonnances analysées, (i) le taux d’IP était de 1,6% VS 2,2% et (ii) le taux de NC de 4,8% (17% liées aux ordonnances PSAD) VS 15,1% (43% liées aux ordonnances PSAD), entre 2024 et 2025, respectivement. Les IP concernaient majoritairement les anticancéreux (50% VS 41%) et avaient un taux d’acceptation de 92% VS 82%, respectivement. Les principales NC en 2024 impliquaient une traçabilité incomplète, une absence de signature médicale, une durée de prescription non conforme et en 2025, une absence de poids/taille, une absence d’ordonnance originale ou un numéro FINESS de l’établissement prescripteur inexact.
L’élargissement du périmètre des auto-évaluations à la dispensation différée et la formation continue du personnel ont renforcé la vigilance et la détection des IP et NC à toutes les étapes de la dispensation. Enfin, l’augmentation de la satisfaction patient témoigne de l’impact des actions engagées. Face à l’augmentation des NC réglementaires, il apparait prioritaire de sensibiliser les parties intéressées pour améliorer la qualité des ordonnances.
Conclusion : Ce travail, complémentaire au système de gestion des risques a posteriori, confirment la pertinence et la faisabilité annuelle du relevé des IQ.
Mots-clefs : Rétrocession hospitalière, Amélioration de la qualité, Audit