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Pratique professionnelle
190 PP
Dépistage du déficit en Dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) : état des lieux en établissement de santé (ES) et pistes d’amélioration

Emma WILLIAM1, Isabelle Anglade1
(1) Direction Générale de la Santé, Ministère de la santé, 14 avenue Duquesne, 75007 Paris

Introduction : En 2018, la HAS et l’Institut national du cancer (INCa) ont recommandé la recherche du déficit en Dihydropyrimidine Déshydrogénase avant toute initiation d’un traitement par fluoropyrimidines : 5-fluorouracile (5-FU) et capécitabine. En 2019, l’ANSM a modifié les conditions de prescription et de délivrance des fluoropyrimidines afin qu’elles soient subordonnées à l’obtention du résultat de l’uracilémie avec mention obligatoire « Résultats uracilémie pris en compte » sur la prescription. En 2023, la Direction Générale de Santé (DGS) communique auprès des praticiens hospitaliers (Message d’Alerte Rapide Sanitaire (MARS)) et libéraux (DGS-Urgent). En juillet 2024, le RésOMéDIT, saisi par la DGS, mène une enquête auprès des établissements de santé (ES) disposant d’une activité de cancérologie pour contrôler la réalisation du dosage.
Matériel & méthode : Ses objectifs étaient de recueillir les données, issues du questionnaire organisationnel et de l’audit rétrospectif des dossiers patients, d’analyser les résultats de l’enquête menée en 2024 et proposer des actions d’amélioration. La DGS pouvait alors coordonner la mise en œuvre de ces actions en sollicitant l’ANSM, l’INCa et la délégation au numérique en santé (DNS).
Résultats & discussion : Selon les résultats et les axes proposés par le RésOMéDIT, la DGS a retenu les actions suivantes : sur les 387 ES interrogés, 37% déclarent utiliser un logiciel sans alerte sur l’obligation de réaliser le dosage d’uracilémie. La mention « Résultats uracilémie pris en compte » est sur seulement 38% des prescriptions. La DNS travaille sur la création d’une alerte informatique, en lien avec 3 éditeurs de logiciels de chimiothérapie (Chimio®, Aesclepios® et TimeWise Chimio®), obligeant à renseigner l’uracilémie avant la prescription. Elle réfléchit aussi à améliorer l’accès, par les professionnels de santé, à ce dosage via le Dossier Médical Partagé. Le dosage n’est pas réalisé pour 5% des patients ou n’est pas demandé avant la 1ère cure (5% des patients) en raison de situations jugées urgentes par les praticiens. L’INCa et l’ANSM vont définir les situations d’urgence permettant l’utilisation de 5-FU sans délai. Par ailleurs, 40% des ES ne disposent pas de protocole d’adaptation posologique du 5-FU. L’INCa et l’ANSM vont en proposer un, basé sur les données de terrain des ES interrogés, pour harmoniser les pratiques.
Conclusion : L’implication des OMéDIT dans chaque région a permis d’obtenir une forte participation des ES disposant d’une activité de cancérologie. Cette enquête met ainsi en évidence un taux élevé de réalisation du dosage d’uracilémie lors de l’initiation d’un traitement par 5-FU et a permis d’identifier des axes d’amélioration. Les données ont été exposées le 6 novembre 2025 lors d’un webinaire organisé par le RésOMéDIT à destination des établissements participants. Le ministère de la santé en lien avec les partenaires institutionnels, publiera aussi un communiqué de presse. Enfin, pour étendre cet état des lieux à la prescription de la capécitabine en ambulatoire, la CNAM sera sollicitée par la DGS.
Mots-clefs : Chimiothérapie, Evaluation des pratiques professionnelles (EPP), Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Audit
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