Suivre ses interventions pharmaceutiques sur les traçabilités de Dispositifs Médicaux Implantables à l’ère du numérique : bienvenue à bord !
Alice VIVIAND1, Lucille MOLIST1, Cordélia SALOMEZ-IHL2, Caroline figeac1, assia Daikh1, Virginie Filisetti1, philippe py1, delphine schmitt1, pierrick bedouch2
(1) Pôle Pharmacie, CHU Grenoble Alpes, Boulevard de la Chantourne, 38700 La Tronche
(2) Université Grenoble Alpes, CNRS/UMR 5525, VetAgro Sup, Grenoble INP, TIMC, Pôle pharmacie, CHU Grenoble Alpes, Boulevard de la Chantourne, 38700 La Tronche
Introduction : Introduction : L’implémentation d’outils numériques modifiant les pratiques de traçabilité au bloc opératoire s’accompagne logiquement d’une phase d’appropriation par les utilisateurs, processus pouvant se représenter par une courbe d’apprentissage. Plusieurs travaux démontrent que ces technologies peuvent initialement perturber les processus avant qu’une amélioration progressive des pratiques ne soit observée avec l’expérience et l’adaptation organisationnelle. Lors de l’implémentation du nouveau logiciel métier de traçabilité des dispositifs médicaux implantables (DMI), une double traçabilité papier et informatique a été maintenue temporairement afin de sécuriser les processus critiques. L’objectif est d’analyser l’évolution temporelle des problématiques de traçabilité des DMI suite à l’implémentation d’un logiciel permettant une dématérialisation théorique totale pour apprécier l’appropriation des utilisateurs et la plus-value pharmaceutique.
Matériel & méthode : Étude monocentrique prospective portant sur un indicateur d’ « interventions pharmaceutiques » (IP) liées à la traçabilité des DMI entre mai 2025 et février 2026. Les IP étaient identifiées par comparaison systématique des informations de traçabilité enregistrées dans le logiciel et celles des supports papier. Le taux d’IP a été ajusté au nombre de traçabilités réalisées afin de limiter les biais liés aux différences d’activité chirurgicale. Les données ont été analysées par régression binomiale négative avec ajustement de l’exposition au risque (nombre de traçabilités). Une analyse exploratoire par typologie d’erreur a été réalisée.
Résultats & discussion : Résultats : Sur 10 mois, 1346 IP ont été réalisées par l’équipe pharmaceutique et analysées. Une diminution du taux d’IP d’environ 5 % par mois a été mise en évidence, Incidence rate ratio (IRR)= 0,95, sans atteindre la significativité statistique (Intervalle de Confiance à 95% [0,88–1,02] ; p = 0,17). L’exploration par typologie relève des dynamiques contrastées : certaines catégories d’erreurs diminuent nettement, notamment les références non associées au catalogue, IRR = 0,81 ; p < 0,001, et les traçabilités papier manquantes, IRR = 0,89 ; p < 0,001, tandis que d’autres, telle que l’identitovigilance, IRR = 1,07, restent stables.
Conclusion : Les dynamiques observées, hétérogènes selon les typologies d’IP, suggèrent une adaptation progressive des utilisateurs à l’outil. Le maintien d’une double traçabilité papier et informatique pendant la transition constitue un choix de sécurisation, notamment pour des dimensions critiques comme l’identitovigilance. Elle est pourtant contre-intuitive à l’ère du tout numérique. L’accompagnement pharmaceutique est précieux pour garantir aux patients des traçabilités DMI de qualité, primordiales cliniquement notamment en cas d’alerte sanitaire.
Mots-clefs : Amélioration de la qualité, Dispositif médical implantable, Informatisation