Évaluation de la pertinence des ordonnances de sortie chez la personne âgée.
Malika GHRIBI1, France Rochereau1
(1) PUI Paimpol, hopital saint Brieuc Paimpol Treguier, 36 chemin de Kerpuns, 22500 Paimpol
Introduction : l´optimisation de la prise en charge médicamenteuse chez la personne âgée(PA) constitue un enjeu de santé publique.La polymédication,les comorbidités et les modifications pharmacocinétique liés à l’âge exposent à un risque élevé d´iatrogénie.
L´objectif de cette étude est d´évaluer la pertinence des prescriptions de sortie chez les patients ≥75 ans,à l´aide des critères STOPP/START V2.
Matériel & méthode : Étude rétrospective portant sur les prescriptions de sortie des patients ≥ 75 ans hospitalisés dans deux services de médecine aiguë.une analyse pharmaceutique a été réalisée sur 2 mois avec l´outil STOPP/START V2(Screening Tool of Older Persons Prescription/Screening Tool to Alert Right Treatment),permettant d’identifier les médicaments potentiellement inappropriés (critères STOPP)et les omissions thérapeutique(critères START).
L´analyse est effectuée par le pharmacien,qui a émis des recommandations d´optimisation thérapeutique en se basant sur ces critères.Ces recommandations ont été ensuite soumises aux médecins prescripteurs pour validation ou non.
Résultats & discussion : 50 ordonnances ont été analysées par le pharmacien.
Des critères STOPP étaient présents dans 41 ordonnances,soit 82%. Des critères START dans 38 ordonnances,soit 76%. Deux ordonnances ne présentaient ni recommandations STOPP ni recommandations START,soit4%. Concernant les recommandations STOPP,21 critères ont été utilisés sur 84,générant 115 recommandations avec une moyenne de 2,3 recommandations par ordonnances.Pour les critères START,18 critères sur 31 ont été utilisés générant 81 recommandations,soit une moyenne de 1.6 recommandations par ordonnances.Le taux de validation par les prescripteurs était de 72% pour les recommandations STOPP et 49% pour les recommandations START.Les écarts STOPP concernaient surtout les prescriptions sans indications (72/115),les psychotropes(benzodiazépines:5 cas,hypnotiques: 4 cas,neuroleptiques:4)les IPP au long cours: 4 cas,les opioïdes: 4.Les écarts START, concernaient surtout les médicaments cardiovasculaire (IEC:10cas,bêtabloquant:10,anticoagulant:4),
les médicaments respiratoires(bronchodilatateurs:4cas,corticoïdes inhalés:3 et les supplémentations Vitamine D/calcium :5).
Ces résultats soulignent que les écarts touchent des classes a fort enjeu thérapeutique.
Conclusion : L’étude révèle une fréquence élevée de prescriptions potentiellement inappropriées et d’omissions thérapeutique chez la PA hospitalisée,confirmant les données de la littérature .la portion importante des recommandations STOPP est liée probablement à la complexité clinique de la polymédication.La fréquence des recommandations START souligne un risque significatif de sous prescription.le taux plus élevé de validation par les médecins des recommandations STOPP par rapport aux recommandations START pourrait s´expliquer par une meilleure acceptabilité des propositions de déprescriptions perçues comme immédiatement bénéfiques,alors que l´introduction de nouveaux traitements suscite des réticences.
Le nombre limité de critères utilisés suggère que certains critères sont plus fréquents en pratique clinique ce qui pourrait orienter vers des actions ciblées d’améliorations dans notre pratique d´analyse pharmaceutique .
Mots-clefs : Evaluation des pratiques professionnelles (EPP), Analyse prescription, Médicament potentiellement inapproprié