Etat des lieux régional sur la formation à la rétrocession
Delphine THIRIET1, Elisa Marilly1, Jihen BOUSSETTA1, Karine VAYRON2, Xavier Simoens1
(1) Pharmacie, CHU Saint Etienne, Avenue Albert Raymont, 42270 Saint Priest en Jarez
(2) -, OMEDIT ARA, -, - -
Introduction : La rétrocession concerne des produits complexes et des patients aux profils variés,
rendant indispensable une formation adaptée aux professionnels pour ainsi garantir la sécurité des
soins. Or, ce secteur n’est pas inclus dans les stages obligatoires des préparateurs en pharmacie
hospitalière (PPH) et reste inégalement abordé en formation universitaire.
L´objectif est de décrire les pratiques régionales de formation en rétrocession, recueillir le ressenti des
professionnels concernant l’acte de dispensation puis identifier les besoins en formations au regard
des formations préalablement reçues.
Matériel & méthode : Deux questionnaires courts et anonymes ont été réalisés (FRAMAFORMS)
avec l’OMEDIT régional puis diffusés aux PUI autorisés à la rétrocession dans la région :
- Le premier, adressé aux pharmaciens responsables du secteur rétrocession, explorait les
méthodes de formations initiales et continues mis en place dans leur établissement et les
freins rencontrés lors du développement de formation.
- Le second, destiné à tous les professionnels exerçant ou susceptibles d’exercer sur le secteur
de la rétrocession visait à recueillir la fréquence d'exercice, la formation reçue et les
préférences pédagogiques.
Résultats & discussion : 34 pharmaciens responsables du secteur rétrocession ont répondu au premier
questionnaire (6 CHU et 28 CH). Parmi eux 62% organisent une formation initiale, principalement par
compagnonnage (58,9%). 23 pharmaciens (68%) ne mettent pas en place de formation
continue. 65%considèrent qu’ils existent des freins à la mise en place ou au développement d’actions
formatives.
159 professionnels (32 (20%) internes, 62 (39%) PPH, 65 (41%) pharmaciens) ont rempli le second
questionnaire. Le compagnonnage (140 réponses) et les staffs (60) constituent les modalités les plus
fréquentes. Presque tous (99,4%) jugent nécessaire une formation continue. Les formats privilégiés
sont les formations collectives ludiques et les e-learning. Un tiers (36%) des participants souhaitent
une formation trimestrielle tandis que 29% une formation annuelle. Au final, un participant sur deux
(53%) se sent à l’aise lorsqu’un patient pose une question. 35% pensent que la formation reçue ne
permet pas de réaliser sereinement une dispensation en raison de manque de connaissances, de
l’absence de support structurés (fiches pratiques) » et de des pratiques peu régulières.
Conclusion : Cet état des lieux révèle une hétérogénéité des pratiques de formation en rétrocession
reposant surtout sur le compagnonnage. Les professionnels expriment le besoin d’une formation
continue, avec des supports variés et adaptés aux différentes catégories professionnelles. La suite de
ce travail vise à développer des outils régionaux pour renforcer la qualité et la sécurité de la
dispensation.
Mots-clefs : E-learning, Développement professionnel continu (DPC), Evaluation des pratiques professionnelles (EPP)