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Pharmacotechnie
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Stop l’improvisation : harmonisons la gestion des déversements de cytotoxiques !

Sarah TROCHET--GARCIA1, Alexandra BARUSSEAU 1, Anne BROUARD1, Anne BRUN FITTON1, Aurélie CHEREL1
(1) Pharmacie, Groupe Hospitalier Bretagne Sud, 5 Avenue de Choiseul, 56100 Lorient

Introduction : Les cytotoxiques, utilisés dans les services hospitaliers, exposent les professionnels et les patients à des risques d’irritation, réactions immuno-allergiques et des effets reprotoxiques en cas d’exposition accidentelle. Le déversement de ces produits peut survenir à chaque étape du circuit du médicament, depuis la réception et la préparation en pharmacie à usage intérieur (PUI) jusqu’à la dispensation et l’administration dans les unités de soins (US). Afin de prévenir ce risque, un kit « maison » était jusqu’alors confectionné à la PUI, impliquant une logistique contraignante (suivi des péremptions, hétérogénéité du contenu). En janvier 2026, la PUI et les US concernées ont fait le choix d’acquérir des kits prêts à l’emploi commercialisés. Cette démarche vise à harmoniser les pratiques au sein de l’établissement, que ce soit à la PUI ou dans les US, en élaborant une procédure institutionnelle pour la sécurisation des déversements accidentels de cytotoxiques.
Matériel & méthode : Dans un premier temps, un recensement des besoins a été réalisé auprès des cadres des US concernées. Des formations internes ont ensuite été organisées par le pharmacien à destination des magasiniers impliqués dans la réception des cytotoxiques. Le fournisseur des kits est également intervenu conjointement pour former les préparateurs en pharmacie hospitalière (PPH) et les professionnels des US. Parallèlement, une procédure organisationnelle a été rédigée, associant la PUI, les cadres de santé, le service qualité ainsi que la médecine du travail.
Résultats & discussion : Depuis janvier 2026, 7 kits prêts à l’emploi pour la gestion des bris de flacons et des déversements accidentels cytotoxiques ont été déployés : 5 dans les US et 2 à la PUI. La procédure commune a été structurée et validée sous forme de fiches techniques réflexes, distinguant les différentes situations à risque. L’évaluation de la satisfaction des professionnels vis-à-vis de la formation et de la procédure est en cours. Les premiers retours mettent en évidence une amélioration de la réactivité des équipes et une standardisation des pratiques lors de la prise en charge des incidents. Des analyses complémentaires sont menées, notamment : l’impact sur la sécurité des pratiques et la gestion des incidents, l’extension à d’autres US.
Conclusion : La mise à disposition de ces kits combinée à la mise en œuvre d’une procédure commune constitue un levier pour harmoniser les pratiques. De plus, une formation adaptée permet d’améliorer la prise en charge de ce type d’incidents impliquant des cytotoxiques. Néanmoins, l’achat de ces kits représente un surcoût non négligeable pour l’établissement. Au-delà de la standardisation du matériel, cette démarche met en évidence l’importance d’une approche globale intégrant organisation, formation et collaboration pluridisciplinaire pour la sécurisation du circuit des médicaments cytotoxiques/à risque.
Mots-clefs : Chimiothérapie, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Amélioration de la qualité
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