Revue des prescriptions d’antihypertenseurs chez les patients en Unité de Soins de Longue Durée : bénéfice de la coopération interdisciplinaire.
Marine SOULA1, Claudia TAILHADES1, Brigitte HOEDT1, Vincent GRENOUILLEAU1
(1) Pharmacie, CH de Pau, 4 boulevard Hauterive, 64000 Pau
Introduction : L’hypertension artérielle (HTA) est une pathologie fréquente du sujet âgé. Sa prise en charge optimale diminue les risques de complications cardiovasculaires. Une revue de prescription à l’unité de soins de longue durée (USLD) a été organisée dans le but d’évaluer si les patients sont pris en charge conformément aux recommandations de l’European Society of Cardiology (ESC).
Matériel & méthode : A la lecture des dossiers médicaux, les patients sont classés en deux groupes selon la présence ou non d’HTA dans les antécédents (ATCD). L’âge, les chiffres tensionnels, les comorbidités et les traitements sont collectés pour les patients avec ATCD d’HTA. Enfin, l’adéquation aux recommandations de l’ESC est évaluée. Une rencontre avec les médecins du service est ensuite organisée pour discuter de l’optimisation de la prise en charge de ces patients.
Résultats & discussion : La moyenne d’âge des 66 patients était de 79 ans (55 - 96), avec un sex ratio ≈ 1/1.
La proportion de patient présentant un ATCD d´HTA était de 58% (n=38) et parmi eux, 32% (n=12) avaient des chiffres tensionnels anormaux : pression systolique >150mmHg (n=9), ou <100mmHg (n=3) sans mention dans le dossier de recherche d’hypotension orthostatique.
Sur les 38 patients avec ATCD d’HTA, 34% (n=13) n’avaient pas de traitement antihypertenseur (âge moyen : 83 ans) alors que 3 avaient une HTA avérée. Parmi les 25 patients sous traitement antihypertenseur, 4 avaient une HTA non contrôlée, 2 présentaient une hypotension, 3 prises en charge étaient inadéquates : bisoprolol à 1.25 mg/jour au long cours (n=2) ou spironolactone 12.5 mg/jour sans indication retrouvée. Ainsi au total 32% (n=12) des patients avec ATCD d’HTA ne respectaient pas les recommandations de l’ESC (objectifs tensionnels ou prise en charge médicamenteuse). La mesure mensuelle de la tension artérielle rendait néanmoins difficile l’interprétation des chiffres tensionnels.
A la suite de ces analyses une rencontre avec les deux gériatres du service a été organisée et notre discussion a permis la mise en évidence plusieurs points :
• Les médecins toléraient une pression systolique jusqu’à 160mmHg ce qui explique les chiffres tensionnels élevés de certains patients comparés aux recommandations.
• Les patients avec une pression systolique <100mmHg étaient alités et/ou en fin de vie.
De plus, certaines mesures ont été actées :
• Une modification de traitement pour un patient
• Une échographie cardiaque pour rechercher l’indication de la spironolactone.
• Un relevé plus fréquent de la tension artérielle à l’USLD
Conclusion : Cette étude a contribué à l’amélioration de la prise en charge des patients et met en évidence le rôle important du pharmacien clinicien en lien avec les médecins dans les services de soins. Suite à ce travail des revues de prescription supplémentaires ont été demandées par les médecins. La coopération interdisciplinaire et la communication entre les pharmaciens et les médecins est un objectif crucial pour pouvoir améliorer la qualité des soins et la prise en charge globale des patients.
Mots-clefs : Analyse prescription, Intervention pharmaceutique, Pharmacie clinique