Etude du support externe personnalisé de la racine aortique chez l’enfant : vers le référencement d’un dispositif médical implantable innovant
Logan SPYROPOULOS1, Olivier RAISKY2, Nathanael Monnier shraer2, Raphaële ESCALUP-DELHOMMEAU1
(1) Pharmacie , Necker-Enfants Malades, 149 Rue de Sèvres, 75015 Paris
(2) Chirurgie cardiaque, Necker-Enfants Malades, 149 Rue de Sèvres, 75015 Paris
Introduction : Le support externe personnalisé de la racine aortique est un dispositif médical implantable (DMI) innovant, utilisé dans la procédure PEARS (Personalized External Aortic Root Support) et destiné à renforcer l’aorte ascendante afin de limiter sa dilatation et les complications qui lui sont associées, notamment dans le cadre du syndrome de Marfan, une maladie génétique rare. Ce dispositif offre une solution moins invasive aux technique chirurgicales de références telles que la réimplantation valvulaire ou le remplacement aortique.
L’objectif de ce travail est de comparer ce DMI aux alternatives thérapeutiques actuelles, de relever les bénéfices liés à son utilisation et de discuter son éventuel référencement.
Matériel & méthode : Deux patients atteints de ce syndrome ont bénéficié d’une implantation de ce dispositif sur une période allant du 10 juin au 10 octobre 2025, une première en France dans un contexte pédiatrique.
L’analyse repose sur les données cliniques, économiques et chirurgicales de ces patients ainsi que sur une revue de la littérature scientifique portant sur les résultats clinico-économiques de ce DMI comparés aux options thérapeutiques disponibles.
Résultats & discussion : Chez le premier patient (13 ans), l’implantation a été réalisée en 93 minutes sans recours à la circulation extracorporelle (CEC), avec une hospitalisation de 7 jours. Chez la deuxième patiente (11 ans), l’opération à durée 89 minutes et fut suivie d’une plastie mitrale sous CEC. La racine aortique est restée stable et la sortie d’hospitalisation s’est faite au 7ème jour. En comparaison, les chirurgies de référence durent en moyenne 4 à 6 heures, nécessitent systématiquement une CEC et impliquent une hospitalisation de 10 à 14 jours, avec un risque accru de complications et de réinterventions liées aux prothèses valvulaires.
Ces premières données confirment l’intérêt du PEARS dans un contexte pédiatrique avec des bénéfices notables : intervention plus courte, évitement possible de la CEC, préservation de la valve native. Elles soulignent aussi une stabilisation durable des diamètres aortiques et une survie élevée. Le coût du dispositif (10 500 euros) demeure un frein, mais devrait être compensé par la réduction des durées opératoires, d’hospitalisation et des complications tardives.
Conclusion : Ce DMI apparait ainsi comme une alternative prometteuse avec plusieurs autres implantations déjà programmées. Ces premiers résultats soutiennent l’intérêt d’un futur référencement en pédiatrie, à confirmer sur une cohorte plus large.
Mots-clefs : Dispositif médical implantable, Evaluation médico-économique, Dispositifs médicaux stériles