Espace posters 2026
Pratique professionnelle
194 PP
Cas particulier du patient ambulatoire à l´hôpital : quelle grille Act-IP® pour la codification des interventions pharmaceutiques en rétrocession ?

Yoann Rocher1, Emmanuelle Poignt1, Florian Gianelli1, Agathe Morin-Noel1, Fabien Royere1, Cordelia SALOMEZ-IHL1, Pierrick Bedouch1, Audrey Lehmann1, Mélanie Minoves1
(1) Dispensation Ambulatoire et Statuts Précoces, CHU Grenoble Alpes, Boulevard de la Chantourne, 38700 La Tronche

Introduction : Une intervention pharmaceutique (IP) correspond à une action du pharmacien visant à identifier, prévenir ou résoudre un problème lié à la thérapeutique chez un patient donné. Leur valorisation nécessite une traçabilité standardisée. La SFPC met à disposition deux codifications : ACT-IP® hospitalière (H) et officinale (O). Située à l´interface entre exercice hospitalier et ambulatoire, la rétrocession hospitalière génère des IP dont la codification reste peu explorée. L´objectif est de comparer les deux grilles ACT-IP® et d´identifier la plus adaptée à la codification des IP en rétrocession.
Matériel & méthode : Étude observationnelle rétrospective menée au sein d’une rétrocession sur les interventions recueillies sur l’année 2025. Chaque IP a été codée selon les données patient et de prescription sur les grilles H/O. Un score d´adéquation (SA) a été attribué : 2 (adéquate), 1 (imprécise), 0 (absente), avec une revue collégiale des cas litigieux. Le critère de jugement principal était la comparaison des SA moyens H vs O (Wilcoxon). Les critères secondaires étaient les pourcentages de SA=2, l’adéquation exclusive ou conjointe des grilles et les analyses en sous-groupes par type d’IP.
Résultats & discussion : Sur 94 IP recensées, 14 ont été exclues car non codifiables. L’âge moyen des patients était de 60 +/- 22 ans avec une répartition hommes/femmes paritaire. La majorité des ordonnances provenaient du centre (96%) et étaient rédigées par des seniors (76%). Les IP concernaient principalement le lénalidomide (15%), l´HyQvia® (10%) et la dexaméthasone (9%). Les motifs d’IP les plus fréquents concernaient les posologies (40%), les plans de prise (13%), les voies ou modalités d´administration (12%) et les non-conformités administratives (9%). La grille H surpasse significativement la grille O avec un score moyen de 2,8±0,57 contre 2,4±0,64 ; elle obtient un SA= 2 dans 85% des IP vs 46% pour la grille O. Elle est la seule pleinement adéquate dans 50% des cas, vs 11% pour la grille O et 4% des IP ne sont correctement couvertes par aucunes grilles. La grille H était particulièrement adaptée aux anomalies de posologies et aux plans de prise non optimaux tandis que la grille O semblait plus pertinente pour les non-conformités administratives et de prescriptions. Les voies d´administration étaient parfaitement couvertes par les deux grilles.
Conclusion : Cette étude montre que la grille Act-IP® H est plus adaptée que la grille O pour le codage des IP de rétrocession. Ces résultats soutiennent son utilisation en pratique pour valoriser ces IP tout en soulignant les limites de couverture de certaines IP administratives. Une déclaration systématique des IP permettrait de mieux valoriser cette activité et d’optimiser les pratiques de prescriptions en amont. Enfin, les conseils patients, non intégrés au champ des IP, justifient la création d’indicateurs complémentaires pour valoriser la contribution du pharmacien hospitalier à la sécurisation de la prise en charge en ambulatoire.
Mots-clefs : Rétrocession hospitalière, Intervention pharmaceutique, Ambulatoire, Analyse prescription, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse
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