« Mission top secrète » : création d’un atelier pédagogique interactif pour renforcer la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse.
Myrtille Devries1, Apolline Vernier1, Margaux Delfosse1, Marie Wiart1, Gwenaelle Baussant1, Elise Desaintfuscien1
(1) Pharmacie à usage intérieur, Centre Hospitalier d’Armentières, 112 rue Sadi Carnot, 59280 Armentières
Introduction : Afin de garantir la qualité et la sécurité des soins, le référentiel de la Haute Autorité de Santé intègre, parmi ses critères de certification, des exigences relatives à la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse (PECM) et au circuit des médicaments et des dispositifs médicaux. Dans ce cadre, des ateliers thématiques ont été développés pour accompagner les professionnels dans l’amélioration de leurs pratiques. L’objectif est de concevoir et de mettre en œuvre un atelier pédagogique interactif pour former les professionnels de santé aux bonnes pratiques de prescription, d’administration, de stockage et de traçabilité.
Matériel & méthode : Un atelier de 20 minutes, structuré selon un format ludique de type « mission top secrète » et présenté via un PowerPoint, a été conçu à partir des critères de certification relatifs à la PECM. Il repose sur l’identification de 17 situations de vigilance issues d’erreurs médicamenteuses (EM) à risque pour le patient, intégrées dans 3 cas pédagogiques illustrés par des photos de services de soins et 2 vidéos de mise en situations. Ces erreurs concernent toutes les étapes de la PECM notamment des prescriptions incomplètes, des administrations non sécurisées, des stockages non conformes et de défauts de traçabilité.
Résultats & discussion : L’atelier a été réalisé auprès de 9 groupes sur 3 journées de formation, avec 61 participants (17 infirmiers, 13 cadres de santé, 12 préparateurs en pharmacie, 5 médecins, 5 pharmaciens, 5 aides-soignants, 3 sage-femmes, 1 représentant des usagers). Chaque groupe comptait en moyenne 7 participants. 4 groupes (44%) ont identifié l’absence de traçabilité de la justification de la non-administration médicamenteuse. 6 groupes (67%) ont repéré la non-écrasabilité de certains médicaments ainsi que les erreurs de prescription des médicaments « si besoin » (absence de dose maximale par 24h, d’intervalle entre deux prises, ou de conditions d’exécution). Concernant les injectables, tous les groupes (100%) ont identifié les erreurs de programmation du débit de la seringue auto-pousseuse et de montage de perfusion ; seuls 2 groupes (22%) ont noté l’absence de prescription du solvant associé au médicament injectable. Tous les groupes ont identifié les erreurs liées à l’environnement de soins notamment : chariot de soins ouvert, défaut de confidentialité des prescriptions informatiques, traitements laissés en chambre sans sécurisation, mélange dans l’armoire de médicaments et absence de mesures barrières limitant les interruptions de tache. 1 groupe (11%) n’a pas repéré le défaut de suivi des périmés et du bionettoyage. L’atelier a permis de rappeler les outils de sécurisation de la PECM (médicaments écrasables, médicaments à risque, conservation des formes buvables).
Conclusion : Cet atelier pédagogique interactif constitue un levier pour renforcer la sécurisation de la PECM. Basé sur des situations inspirées d’EM, il favorise l’implication des professionnels et renforce la dynamique interprofessionnelle. Il permet une analyse concrète des pratiques et l’identification d’axes d’amélioration en cohérence avec les exigences de certification.
Mots-clefs : Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse, Plan de gestion des risques, Amélioration de la qualité