ETAT DES LIEUX DE L’UTILISATION DE LA TOXINE BOTULIQUE AU CENTRE HOSPITALIER D’AJACCIO
Julia PAROLA 1, Vannina FIESCHI1, Marine BOUCHARD1, Laura PORCHER1
(1) Pharmacie, Hôpital Notre Dame de la Miséricorde, 1180 Route A Madunuccia, 20090 AJACCIO
Introduction : Les trois toxines botuliques (TB) de type A disponibles sur le marché ont connu une une augmentation de consommation depuis 2021 au Centre Hospitalier d’Ajaccio. Pour les injections effectuées en Médecine, Chirurgie et Obstétrique, le remboursement peut s’effectuer selon plusieurs modalités : via les forfaits « sécurité et environnement hospitalier (SE) » ou via la facturation d’un Groupe Homogène de Séjour (GHS). L’objectif de cette étude a été d’effectuer un bilan de l’utilisation des TB afin d’optimiser leur circuit prescription-dispensation.
Matériel & méthode : Une étude rétrospective des prescriptions papier transmises à la pharmacie sur une période d’un an a été réalisée. Les données patient, le type de toxine, la posologie ainsi que l’indication (vérifiées en parallèle sur le Dossier Patient Informatisé (DPI)) ont été analysées. De plus, une extraction des consommations de TB a été effectuée à partir du logiciel d’aide à la dispensation Pharma®, pour la période. Enfin, le Département d’Information Médicale (DIM) a réalisé une extraction des codages des actes CCAM correspondants aux prescriptions.
Résultats & discussion : 271 prescriptions papier ont été inclues. Les TB prescrites étaient : Xeomin®, Botox® et Dysport® dans respectivement 48%, 46% et 6% des cas. Les trois services qui ont le plus prescrit les TB étaient : la consultation de douleur chronique (80%), la consultation d’urologie (6%) et la consultation d’ORL (5%). L’indication n’était précisée que dans 40% des cas sur les ordonnances papier. En se basant sur les données du DPI, les indications les plus retrouvées étaient les douleurs neuropathiques (34%), les cervicalgies (34%), les céphalées de tension (10%), la spasticité musculaire (7%), et l’hyperactivité vésicale (5%). Sur la période, 42 % des prescriptions concordaient avec l’AMM et 58% étaient hors AMM. Bien que hors AMM, les prescriptions étaient conformes aux recommandations retrouvées dans la littérature scientifique. Concernant le codage des actes, 79% des prescriptions ont été cotées en forfait SE, 8% ont été cotées dans le GHS, et 13% n’ont pas été cotées. Le coût total de l’ensemble des flacons délivrés sur la période était de 62 230 euros.
Conclusion : Cet état des lieux a permis la mise en place d’actions d’amélioration de nos pratiques sur le plan du bon usage : informatisation des prescriptions avec remplissage obligatoire d’un questionnaire de saisie de l’indication, création d’un document d’aide à l’analyse pharmaceutique des ordonnances informatisées, campagne de sensibilisation des prescripteurs au coût des TB et discussion menée conjointement avec le DIM et la Direction de l’établissement afin d’améliorer le financement des TB (création d’un hôpital de jour SMR en cours permettant de financer la toxine en sus du GHS).
Mots-clefs : Informatisation, Prescription hors AMM, Traçabilité, Dispensation nominative, Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse