FACTEURS DE RISQUE DE COLONISATION ET D’INFECTION À ENTEROBACTERIES PRODUCTRICES DE CARBAPÉNÉMASES (EPC) DE TYPE NDM : CRÉATION D’UN OUTIL DE PREVENTION D’ÉPIDEMIE EN ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ
Lydia TERRA1, Jihane BRISSON2, Emilie COQUET1
(1) PHARMACIE, Hopital européen , 6 Rue Désirée Clary,, 13003 Marseille
(2) Equipe opérationnelle d´hygiène , Hopital européen, 6 Rue Désirée Clary,, 13003 Marseille
Introduction : Les entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC) représentent une menace croissante pour la prise en charge des infections nosocomiales. En novembre 2024, un cas de portage d’EPC de type NDM a été identifié au sein de notre hôpital, suivi de cas secondaires conduisant à une épidémie de portage. L’objectif de notre étude est d’analyser les caractéristiques des patients colonisés et infectés au début de l’épidémie, afin de constituer une base de réflexion pour le développement d’un outil de prévention du portage d’EPC au sein des établissements de santé.
Matériel & méthode : Une étude rétrospective descriptive a été menée entre janvier et avril 2025, incluant 278 patients colonisés, 176 patients contacts et 8 patients infectés. Les caractéristiques démographiques, cliniques et les expositions aux antibiotiques ont été comparées, ainsi qu’une analyse univariée a été réalisée.
Résultats & discussion : Les patients colonisés étaient plus âgés que les contacts (51 % vs 37 % ≥ 75 ans, p < 0,05) et avaient plus fréquemment séjourné à l’hôpital dans les 6 mois précédents (52 % vs 30 %, p < 0,05). L’exposition, dans les 60 jours précédant la colonisation ou l’identification du contact, aux pénicillines seules ou associées à un inhibiteur de β-lactamase, céphalosporines, fluoroquinolones et aminosides était significativement plus fréquente chez les colonisés que chez les contacts. La mortalité était plus élevée dans le groupe colonisé. Parmi les patients colonisés, 8 ont développé une infection, après un délai médian de 60,5 jours, majoritairement urinaires ou bactériémiques.
Conclusion : Ces éléments soulignent la nécessité de formaliser les prescriptions d’antibiothérapie probabiliste et de se doter d’une nouvelle politique pour prévenir une nouvelle épidémie.
Mots-clefs : Hygiène, Antibiothérapie, Plan de gestion des risques